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Procès des emplois de cabinet : Didier Robert et dix autres prévenus rejugés en appel

Ecrit par Eric Lainé – le mercredi 12 novembre 2025 à 06H30

L’ex-président de Région Didier Robert, son vice-président Jean-Louis Lagourgue et son directeur de cabinet de l’époque sont rejugés à compter de ce mercredi par la cour d’appel de Saint-Denis, aux côtés de huit conseillers techniques, pour détournement de fonds publics et/ou prise illégale d’intérêts, complicité ou recel. En première instance, les onze prévenus avaient été relaxés.

Le procès fleuve dit des emplois fictifs à la Région s’était soldé en avril 2024 par une relaxe générale prononcée par le tribunal judiciaire de Saint-Denis. Les juges avaient ainsi battu en brèche les réquisitions de la procureure de la République, qui avait réclamé un an de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité à l’encontre de l’ex-président de Région.

Didier Robert était suspecté de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts à propos du recrutement de huit collaborateurs en qualité de conseillers techniques. Idem pour son vice-président, Jean-Louis Lagourgue, et pour son directeur de cabinet de l’époque, Vincent Bègue, respectivement poursuivis pour prise illégale d’intérêts et détournement de fonds publics, ainsi que pour complicité.

« Les yeux et les oreilles du président »

La représentante du ministère public avait demandé pour les deux hommes 10 000 euros d’amende, une peine d’inéligibilité à l’appréciation du tribunal pour l’élu, et six mois de prison avec sursis pour le directeur de cabinet. À l’encontre des huit collaborateurs de la Région, le quantum des peines réclamées allait de deux à quatre mois de prison avec sursis et de 4 000 à 15 000 euros d’amende.

Lors de son réquisitoire, la procureure avait parlé d’emplois fictifs ou partiellement fictifs, au service de l’intérêt politique de Didier Robert et au détriment des besoins et des ressources de la collectivité. Elle avait ainsi souligné que l’ex-président de Région avait mis sur pied « une équipe politique de proximité constituant un relais sur le terrain ». Soit « les yeux et les oreilles du président ».

« Une enquête bâclée et une procédure sujette à caution »

Elle avait encore estimé que ces « personnes n’apportaient aucune plus-value par leurs compétences supposément techniques », alors que des fonctionnaires présents dans l’organigramme de la collectivité étaient « souvent payés de moitié » par rapport aux conseillers en question. « Ces recrutements hors circuit peuvent s’apparenter à des prises de guerre, avec aussi de potentiels adversaires ralliés à sa cause », avait souligné la magistrate.

Pour leur part, les avocats de la défense avaient tous plaidé la relaxe, en dénonçant au passage « une enquête bâclée et une procédure sujette à caution ». Me Alain Rapady, pour la défense du directeur de cabinet, avait notamment fustigé « un réquisitoire de couverture », ajoutant : « On a essayé de couvrir une enquête avec des béances. »

Un procès à l’issue incertaine, un autre à haut risque

Tout au long des débats, il avait été essentiellement question du caractère plus ou moins fictif des emplois des uns et des autres, alors que l’enquête des policiers s’était concentrée sur l’aspect pléthorique des emplois de cabinet. Lesquels auraient dû se limiter à un maximum de six en ce qui concerne la Région, alors que Didier Robert disposait d’une armée d’une trentaine de collaborateurs issus de la sphère politique.

Examiné en appel sous la houlette du président Jacques Rousseau, le procès dit des emplois de cabinet de la Région devrait s’étirer sur trois jours, avec le retour à la barre d’Alfred Ablancourt, Ismaël Aboudou, Yves Ferrières, Yannick Gironcel, Jean-Charles Maroudé, Sabrina Ramin, Ravy Vellayoudom et Yoland Velleyen, aux côtés des deux ex-élus plus ou moins retirés de la vie politique, et du directeur de cabinet.

Un retour sur la scène politique très incertain

Hormis ce procès à l’issue incertaine, Didier Robert devra relever un autre défi l’an prochain devant la cour d’appel de Saint-Denis. Au mois d’avril 2026, l’ex-président de Région doit être rejugé dans l’affaire dite des indemnités de logement perçues entre 2016 et 2019. Condamné à huit mois de prison avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité en novembre 2024, celui qui a été suspendu de l’ordre national du Mérite en début d’année avait naturellement fait appel de la décision.

Lire aussi: Elections municipales: la justice laisse carte blanche à Didier Robert

Renvoyé une première fois en mai 2025 devant la cour d’appel, puis une deuxième fois en novembre 2025, ce procès à hauts risques aura finalement lieu après les prochaines municipales, dans l’espoir pour lui d’obtenir une relaxe, potentiellement synonyme d’un retour dans l’arène politique.

Etiquettes : Didier Robert | Justice

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