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Cirest, affaire Estival, fiscalité, Rema... L'opposition bénédictine n'épargne pas Patrice Selly

À quelques heures du conseil municipal de Saint-Benoit, l'opposition menée par Philippe Le Constant et Jean-Luc Julie a tenu ce mercredi à dresser le bilan de mi-mandat de Patrice Selly, aussi bien à la mairie qu'à l'intercommunalité qu'il préside. Les deux hommes, qui travaillent à la constitution "d'un projet alternatif pour 2026", lui reprochent un certain nombre de "promesses non-tenues" tout en pointant son rôle dans la situation catastrophique dans laquelle se retrouve la SPL Estival.
Ecrit par Samuel Irlepenne – le mercredi 27 septembre 2023 à 17H38

"On a voté les dossiers qui nous paraissaient aller dans le bon sens. On a critiqué un certain nombre de choses, notamment les promesses de campagne non-tenues. Aujourd'hui nous sommes à mi-mandat, un moment approprié pour juger d'une politique", lance tout d'abord Philippe Le Constant. Ce dernier revient sur l'affaire Estival, ex-SEM devenue SPL, qui fait les choux gras de la presse depuis plusieurs semaines, entre sa gestion financière humaine décriée (SPL Estival : Les syndicats réclament le départ du PDG), et son déficit avoisinant pour l'heure le million et demi d'euros.

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Une structure que connaît bien Philippe Le Constant pour en avoir été l'initiateur du temps où il était président de l'intercommunalité entre 2008 et 2011. "À l'époque, nous avions créé une SEM avec la participation de partenaires privés et de banque. Cela fonctionnait très bien mais depuis sa transformation en SPL, il ne se passe pas une semaine sans qu'on soit pas informés de malversations, de dépenses faramineuses qui mettent clairement en péril la SPL", indique Philippe Le Constant.

"Un déficit de 1,5 million d'euros alors que la SPL n'a jamais eu autant de moyens financiers"

"Un gâchis", poursuit ce dernier qui s'interroge par ailleurs sur l'inaction de la Cirest, "malgré les alertes de la presse et des syndicats". "Pourquoi le président de la Cirest et les élus majoritaires n'ont pas réagi pendant plus de deux ans à cette situation qui n'a cessé de se dégrader", s'interroge Philippe Le Constant. D'autant que la SPL a bénéficié d'un coup de pouce de la part de la Cirest ces deux dernières années. En effet, Estival recevait jusqu'à présent de la part de la Cirest une dotation annuelle de 8,4 millions. Mais sur ces deux dernières années, l'intercommunalité avait rajouté à sa dotation un supplément de 1 million d'euros en 2022 et de 3,3 millions d'euros en 2023, "soit un total de 4,3 millions d'euros ces deux dernières années en plus de la dotation, ça veut dire que la Cirest a versé à Estival plus de 21 millions d'euros ces deux dernières années". Il poursuit : "Comment se fait-il qu'on nous annonce un déficit de 1,5 million d'euros alors que la SPL n'a jamais eu autant de moyens financiers ?"

Jean-Luc Julie s'attarde quant à lui plus longuement sur la gestion de Patrice Selly à Saint-Benoit. Pour lui, "malgré les promesses" du maire, "le compte n'y est pas". "Face à de nouveaux élus et en raison de la situation budgétaire de la commune, nous leur avons laissé le temps de travailler, mais force est de constater qu'au bout de trois ans, les décisions prises ne vont pas dans le sens de la population", assure-t-il.

À commencer par la question de la cantine scolaire. "Il (NDLR : Patrice Selly) s'est fait élire sur un certain nombre d'engagements comme la gratuité de la cantine scolaire. À ce jour, la cantine n'est gratuite pour personne et il y a encore plus d'un millier de familles qui paient le taux fort". Pour rappel, les tranches 1, 2 et 3a ont déjà fait l’objet d’un ajustement et à ce jour, plus de 2.000 enfants bénéficient d’un repas à moins de quatre centimes. Une gratuité progressive qui se poursuivra cette année pour les tranches 3b et 4a. "Dans le cadre du budget 2024, on pourra dire que les 5.000 enfants qui fréquentent les écoles publiques de Saint-Benoit mangeront quasiment gratuitement", après la modification de la tranche 4b l’an prochain, indiquait en avril dernier Patrice Selly (Saint-Benoit : la commune sort la tête de l'eau).

Autre reproche fait par l'opposant à l'édile bénédictin : "la hausse des impôts aussi bien à Saint-Benoit qu'à la Cirest". "On constate cette année que la taxe foncière a augmenté en moyenne de 12%. Une hausse qui devrait apporter à la commune des recettes de 1,5 million d'euros par rapport à l'an dernier. Par ailleurs, en tant que président de la Cirest, il a mis en place la Gemapi mais aussi augmenté la taxe sur l'enlèvement des ordures ménagères", regrette-t-il.

Outre la question fiscale, Jean-Luc Julie reproche également à Patrice Selly une gestion peu suivie des finances communales. Il prend pour exemple l'annulation du concert de l'artiste Rema, qui devait se tenir au stade Allane, avec des travaux avoisinant les 230.000 euros. "Ces travaux n'étaient pas prévus dans le plan prévisionnel d'investissement voté au mois de mars. Les travaux devaient se faire au gymnase Bouvet, et le comble de ces travaux de 230.000 euros, c'est qu'on ne peut plus jouer au football sur le stade Allane. Déjà qu'il n'y a pas de politique sportive à Saint-Benoit et que tous les stades ne sont pas entretenus...", termine-t-il.

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