Chikungunya : retour sur l’histoire du vaccin utilisé à La Réunion

L’ARS revient sur l’historique du vaccin actuellement administré contre le chikungunya à La Réunion, fruit de près de 20 ans de recherches, amorcées après la violente épidémie de 2005-2006.
L’ARS revient sur l’historique du vaccin utilisé aujourd’hui à La Réunion pour lutter contre l’épidémie de chikungunya. L’idée d’un vaccin contre ce virus émerge dans la communauté scientifique mondiale après la première grande épidémie sur l’île, il y a 20 ans.
Si le virus est connu depuis les années 1950 avec des symptômes généralement bénins, l’épidémie de 2005-2006 à La Réunion révèle des conséquences bien plus graves pour la population.
“Le virus touche 38 % de la population réunionnaise, soit environ 240 000 personnes, et entre 260 et 270 décès sont rapportés. Plusieurs milliers de personnes gardent des séquelles articulaires sur le long terme”, retrace le professeur Xavier Deparis, directeur de la Veille Sécurité Sanitaire, Santé et Milieu de Vie à l’Agence régionale de santé La Réunion.
Une mobilisation mondiale pour un vaccin
Parti de La Réunion, le virus se propage ensuite à travers le monde. Face à cette expansion, plusieurs laboratoires s’intéressent à la mise au point d’un vaccin contre le chikungunya.
Aujourd’hui, deux vaccins sont disponibles : le IXCHIQ, produit par le laboratoire Valneva, et le Vimkunya, développé par la firme Bavarian Nordic.
Le IXCHIQ autorisé à La Réunion
Le IXCHIQ, utilisé sur le territoire réunionnais, est un vaccin vivant atténué. Il est le premier à avoir reçu une autorisation de mise sur le marché de l’Agence européenne des médicaments, en juin 2024.
Fabriqué à partir de la souche virale ayant circulé en 2005-2006, il permet d’immuniser les personnes selon un procédé similaire à celui des vaccins contre la rougeole, les oreillons ou encore la rubéole.
Lors des essais cliniques, le vaccin a été validé, bien qu’une série d’effets indésirables connus ait été recensée. L’Agence européenne du médicament et la Haute Autorité de santé ont ensuite délivré les recommandations d’utilisation.
Une phase de surveillance renforcée
La campagne vaccinale débute début avril à La Réunion, accompagnée de la mise en place d’un système de pharmacovigilance renforcée. Il s’agit de la phase 4 de la mise sur le marché d’un médicament.
“ Ce n’est pas une étude clinique, ce n’est pas une étude de recherche”, souligne le professeur Xavier Deparis.
Ce système permet de remonter les effets indésirables, qu’ils soient déjà connus ou jusqu’alors inconnus. Ce fut le cas, notamment, d’un décès imputable au vaccin.
“ Il y a des effets indésirables qui peuvent être graves mais très rares, qui surviennent très rarement pendant les essais cliniques parce qu’ils sont très rares, et c’est lorsque le médicament est mis à disposition de la population, à plusieurs centaines de milliers, voire millions de personnes, que ces effets émergent “, explique l’ARS.


