Cantonales 2011 : Election locale ou nationale ?

Faire d’une élection locale un enjeu national. La stratégie du Parti socialiste est toute trouvée. A un peu plus d’un an des présidentielles, cette dernière élection majeure constitue un dernier galop d’essai avant tout de même des sénatoriales toujours aussi intimistes.
L’UMP se contenterait de peu
Dans cette stratégie d’élargissement des départements à gauche, le Parti socialiste espère récupérer les départements des Hautes-Alpes, de l'Aveyron et de la Vienne qui ne tiennent qu'à un seul siège. La Charente-Maritime, département de l'ancien ministre Dominique Bussereau et celui d'Eure-et-Loir ne tiennent que par deux cantons d'avance. Enfin, trois sièges seulement séparent la majorité et l'opposition dans la Loire, le Loir-et-Cher et la Sarthe, département d'élection du Premier ministre François Fillon.
Le PS, lui, doit profiter ce cette élection locale pour conforter les départements acquis en 2004 et 2008. Pourtant, certaines majorités socialistes se jouent à peu de choses.
François Hollande lie son destin national aux cantonales
Deux sièges séparent la majorité de l’opposition UMP dans le Vaucluse, l'Ain ou en Seine-et-Marne ou à trois sièges dans le Cher, le Doubs, ou les Deux-Sèvres.
Plus délicate, la situation de François Hollande, président du Conseil général de Corrèze où un seul siège constitue la majorité socialiste qu’il dirige. Une situation d’autant plus délicate pour l’ancien premier secrétaire du Parti socialiste qui a souhaité faire de son maintien à la tête du Département de Corrèze la condition sine qua non pour maintenir sa candidature à l'investiture socialiste pour les présidentielles. Preuve supplémentaire que malgré les enjeux strictement locaux, ces cantonales pourront servir de tremplin pour de nombreux ténors en quête de réhabilitation.
Dans l'Allier, dirigé par le Parti communiste (PCF), ou encore dans le Val-d'Oise, un siège également sépare la gauche de la droite.
Pour l’UMP, les cantonales pourraient marquer une bonne surprise dans la résistance à droite. Maintenir le nombre de départements que le parti présidentiel possède serait déjà une victoire en soi.
Quelques cas de figures atypiques devraient également se jouer comme dans le Val-de-Marne où le président sortant étiqueté PCF devra défendre son poste contre une offensive commune du Parti socialiste et d’Europe Ecologie les Verts.
Les derniers conseillers généraux
Quant au FN, il pourrait être en position de créer la surprise dans deux départements : les Bouches-du-Rhône, où l'abstention pourrait le hisser face au PS au second tour, et le Pas-de-Calais, un département brigué par Marine Le Pen.
Enfin, le dernier paramètre important reste celui de l’abstention. Les élections cantonales mobilisent traditionnellement peu. Deux raisons peuvent être évoquées : le caractère de renouvellement partiel qui offre peu de visibilité sur les cantons renouvelables et enfin sur la méconnaissance des compétences elles-mêmes du Conseil général.
Un imbroglio qui s’estompera dès 2014 où le conseiller général deviendra aussi un conseiller régional en raison de la fusion des deux collectivités territoriales. Il faudra alors parler de conseiller territorial.



