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Canne : pas d’accord, mais une proposition de Téréos

Ecrit par Philippe Madubost – le vendredi 11 juillet 2025 à 18H46
Photo d'illustration.

Les négociations se poursuivent entre l’usinier et les syndicats agricoles. En réponse aux revendications des planteurs, Téréos a annoncé débloquer un million d’euros qui serait fléché vers une aide à l’engrais. Les syndicats vont consulter leur base avant de décider de la suite à donner.


Déjà mi-juillet, et toujours pas de coupe dans les champs. Ce n’est pas le feu pour autant dans la majorité des exploitations, compte tenu du faible volume de cannes attendu cette année (au mieux un million de tonnes selon les dernières prévisions du CTICS). La campagne a déjà connu des démarrages aussi, voire plus tardifs, notamment lors des années de convention canne, avec plus de cannes à récolter.

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Reste que certains planteurs ont déjà commencé à couper ou s’attendent à une récolte encore assez raisonnable et poussent donc leurs syndicats à trouver une solution rapidement pour pouvoir ouvrir les balances.

Une condition à lever avant, partagée par tous les syndicats : garantir une compensation des basses richesses, ces dernières devant plonger cette année, afin d'éviter que de nombreux agriculteurs ne soient "redevables" à l'usine en fin d’année.

La revendication avait été lancée il y a déjà un mois par le président des Jeunes Agriculteurs, Guillaume Sellier : « L’instauration d’un prix garanti équivalent à l’avance de 30 euros par tonne livrée, payée par l’usinier au planteur tout au long de la campagne, afin que l’agriculteur ne soit pas redevable. »

Un "bonus" de richesse

Face à l’absence de propositions de l’usinier sur le sujet, les planteurs du Sud avaient voté contre l’ouverture de la campagne lors de la CMU organisée lundi dernier. Celle de l’Est, prévue jeudi, a été annulée, faute d’accord trouvé quelques heures plus tôt en CPCS (comité paritaire interprofessionnel de la canne et du sucre), entre représentants des planteurs et de l’industriel.

Rebelote ce matin, lors d’une réunion en visio organisée en fin de matinée. À la sortie, pas d’accord mais une proposition de Téréos, qui a annoncé injecter un million d’euros pour financer une aide à l’engrais, laquelle serait complétée à hauteur de deux millions d’euros par les fonds issus du reliquat planteur, d’ores et déjà dirigés vers la caisse de l’interprofession. Téréos met en avant une impossibilité à financer directement la richesse alors qu'il est aussi l'acheteur des cannes.

L’industriel a de nouveau mis en avant une impossibilité d’aller au-delà, invoquant le faible niveau de sucre attendu cette année, couplé à une baisse des cours mondiaux.

La création d’un "bonus" pour rattraper les basses richesses moyennes en fin d’année est toujours sur la table, via un barème allant de 0,6 à 2,6 points. La compensation des basses richesses nécessiterait une enveloppe de près de six millions d'euros.

À l’instar de l’aide exceptionnelle de plus de deux millions d’euros débloquée par l’État à la suite du passage de Garance, la compensation serait plus forte pour les planteurs du bassin de Bois-Rouge, que pour ceux du Gol, les impacts ayant été plus importants dans les exploitations du Nord et de l’Est. Une mesure qui semble toujours faire débat au sein des planteurs.

Lire aussi : Canne : La récolte 2025 sera bien la pire de l’Histoire

"Il y a des avancées"

Président de la CGPER, Jean-Michel Moutama évoque une « solidarité » entre les planteurs, tout en précisant que « le montant de l’aide à la production restera identique à celui de l’année dernière ». Un scénario rendu possible par un niveau record des reliquats attendu, là encore, à l'issue de la campagne.

Autre demande forte : une compensation à hauteur d’environ 160.000 euros, prise en charge par le CPCS pour effacer les dettes des planteurs « redevables » à l’usine à l’issue de la campagne de l’année dernière. Les "bonus" de richesse doivent, eux, permettre d’éviter à de nombreux agriculteurs de l’être l’année prochaine.

Les syndicats vont désormais consulter leur base avant une nouvelle réunion prévue mardi matin. À titre personnel, le patron de la CGPER estime que des « avancées » ont été faites. « En cas de garanties apportées sur les trois conditions que sont le maintien de l’aide à la production, l’engrais et l’effacement des dettes, j’estime qu’on peut commencer, mais c’est la base qui décide. »

"Téréos doit faire un effort"

Président de la chambre d’agriculture, Olivier Fontaine (FDSEA) continue, lui, de voir rouge : « Le million d’euros, l’industriel le retire de ce qu’il devait verser dans le plan de relance, c’est retirer de sa poche arrière pour le mettre dans la poche avant. Pour moi, il n’y a toujours rien qui sort de la poche de Téréos. L’État a fait un effort, à l’usinier de le faire aussi », dit-il, en faisant allusion au reliquat versé à l’industriel. « À une époque, quand il y avait une subvention, on faisait moitié-moitié entre nous et eux. » Il appelle à faire de même au moment de compenser les basses richesses.

« Ce n’est pas aux planteurs de compenser les basses richesses avec leur argent », clame de nouveau le président de l’UPNA. Sa revendication reste inchangée : "l’instauration d’un prix plancher de 35 ou 30 euros".

À la base désormais de donner son avis. Si c’est oui, la campagne pourrait débuter la semaine prochaine.

Etiquettes : Agriculture | Canne à sucre

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