Canne : La récolte 2025 sera bien la pire de l’Histoire

Le CTICS (Centre Technique Interprofessionnel de la Canne et du Sucre) a dévoilé ses prévisions de campagne. Si elles sont un peu meilleures que prévu et approchent le million de tonnes, la campagne s’annonce bien, “à ce stade”, comme la pire de l’histoire.
Communiquée à l’interprofession à quelques jours des premiers États généraux de la canne, prévues ce vendredi, la prévision de récolte du CTICS, effectuée comme chaque année à l’orée de la campagne, confirme une nouvelle chute brutale du tonnage cette année.
Une véritable chute libre. Contre un peu plus de 1,7 million de tonnes encore récoltées par la filière en 2017, la prévision du CTICS pour celle à venir porte sur seulement 972.500 tonnes de cannes. Ce qui en ferait, si le chiffre se confirme, la nouvelle pire récolte de l’Histoire.
Le précédent record ne remonte pas à très loin. A l’année dernière, avec seulement 1 137 271 tonnes de cannes broyées par les deux usines.
Mais si la prévision pour 2025 a de quoi alarmer, elle reste plus optimiste qu’une première estimation réalisée par la profession à la sortie du passage du cyclone Garance, aux alentours de 750.000 tonnes de cannes.
Un tonnage dans tous les cas historiquement faible, source de tensions entre les planteurs et l'industriel concernant la question du prix d'achat de la canne lors de la prochaine campagne.
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L’espoir du million de tonnes
Dans son rapport, le CTICS indique que le passage du cyclone en février a « fortement affecté les cannes en début de campagne, tandis que celles de milieu et de fin de campagne, encore en phase initiale de croissance, ont été relativement épargnées ».
Malgré cela, « les poids moyens des cannes demeurent globalement faibles, notamment dans les zones les plus exposées au passage du mur du cyclone, comme Sainte-Marie, Saint-André ou encore Beaufonds ».
Un contexte qui explique pourquoi, « à ce stade », les prévisions de production pour 2025 restent « plutôt pessimistes ». Des prévisions qui se confirmeront ou non lors du second réseau d’estimation, avec l’espoir d’atteindre le seuil du million de tonnes de cannes pour les deux sucreries. Pour l’heure, le CTICS prévoit une récolte en baisse pour le bassin de Bois-Rouge et en stagnation pour celui du Gol.
Bois-Rouge en baisse
Contre un tonnage de 591.616 tonnes réalisé en 2024 pour les bassins approvisionnant l’usine de Bois-Rouge (Ravine Glissante à La Mare), l’estimation du premier réseau pour la campagne 2025 s’établit à 428.000 tonnes.
Dans le Sud, le tonnage réalisé en 2024 sur les bassins approvisionnant l’usine du Gol (du centre de Grand-Pourpier à Langevin-Baril) était de 545.655 tonnes. Les estimations 2025 sont « proches de la production de l’année dernière », avec un volume estimé à 544.500 tonnes.
Pour le CTICS, si les pluies qui ont suivi le passage de Garance « ont été bénéfiques à l’ensemble du territoire, les dégâts causés par le cyclone sont particulièrement visibles dans les secteurs du Nord et de l’Est. Les parcelles de canne y présentent encore des tiges cassées même après trois mois, et sont restées courtes avec des ailerons. De plus, le développement rapide des adventices a envahi les champs, rendant difficile l'accès pour les traitements contre l’enherbement ».
La fertilisation toujours en berne
Les secteurs du Sud et de l’Ouest même s’ils ont été “moins touchés par le cyclone” ont souffert “des effets de la sécheresse persistante depuis la campagne de 2024 ».
Mais la sécheresse et le cyclone n’expliquent pas tout, selon les spécialistes du CTICS. Ils mettent de nouveau en avant « l’absence d’utilisation d’herbicides ces dernières années, conjuguée à une fertilisation réduite, voire inexistante dans certaines exploitations en raison de difficultés financières » pour expliquer la baisse des tonnages.
Une pénurie qui a « favorisé la prolifération des mauvaises herbes ». Des paramètres qui auront de nouveau des conséquences « directes et importantes » sur le rendement de la campagne sucrière 2025.
L’un des enjeux qui sera au menu des États généraux de la canne.



