Baptême de plongée pour les politiques: Thierry Robert se fait remplacer par un adjoint

Les décideurs politiques ont gentiment décliné l'invitation de l'association Longitude 181. Cette dernière proposait des baptêmes de plongée pour que les élus puissent se rendre compte, de leurs yeux, de la réalité de la vie sous-marine de la côte réunionnaise.
Pour des raisons diverses, nos représentants politiques ont tour à tour adressé un mot d'excuse. "Les invitations avaient été envoyées le 7 septembre. Je comprends tout à fait que certains aient des problèmes d'agenda", reconnaît Patrice Bureau, président de Longitude 181.
C'est notamment la raison invoquée par le préfet, Jean-Luc Marx, et la sous-préfète de Saint-Paul, Chantal Ambroise. La direction de l'IRT a quant à elle invoqué la concomitance du salon Top Résa à Paris pour esquiver l'invit'. Le maire de Saint-Leu, Thierry Robert, "claustrophobe" selon ses propres dires, devait rencontrer l'association vers 11h30 (interview réalisée avant midi, ndlr) mais a finalement délégué cette tâche à son adjoint aux sports Khaled Moussadjee. La Région Région, enfin, via Fabienne Couapel-Sauret, également vice-présidente du GIP Réserve marine, est simplement venue s'entretenir avec Patrice Bureau.
Un seul et unique adjoint a donc pris la peine de se mouiller. "Sinon , je n'ai pas eu de réponses autres que celles-ci", compte Patrice Bureau, qui n'en garde pas moins la passion de faire découvrir la beauté de cette activité. Car tel était l'objectif de cette journée. Du manque d'enthousiasme des décideurs pour répondre à cette invitation, il dit n'en retirer "aucun jugement. On a tous nos obligations".
Sans compter que la plongée "peut faire peur, sans même parler du contexte de dangerosité : mettre un masque-tuba peut déjà poser un problème chez certains. Ne parlons pas du détendeur. Ca je peux le reconnaître tout à fait", admet-il.
"Des requins : on n'en voit pas"
Le contexte de sécurité justement, Patrice Bureau l'évoque sans détour, d'autant plus qu'il a été interpellé sur le port de Saint-Leu ce matin par les membres de "Protégeons nos enfants". "Notre activité, par nature, effraie les requins. Bien entendu, on n'en a pas vu mais il ne faut pas en tirer de conclusion hâtive, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de requins".
A ses côtés, le gérant du club de plongée B'Leu Océan, seul club adhérent à Longitude 181, confirme grâce à l'expérience qui est la sienne. En 12 ans de plongée à la Réunion, les rencontres avec les dents de la mer frôlent le néant. "Un pointe blanche d'1m10 et un bébé requin corail qui faisait 60 cm : c'est tout", lance-t-il. "On n'en voit pas. Les gens en ULM nous ont dit la même chose ce matin. On ne dit pas qu'il n'y en a pas car c'est terrible ce qui est arrivé à certains surfeurs. Si vraiment on en voyait, on pourrait même l'afficher dans nos offres car certaines personnes paieraient pour voir ça".
B'Leu Océan a organisé ce jour les sorties avec deux autres clubs de Saint-Leu qui ont la particularité de respecter la charte de plongée éco-responsable lancé par ce qui n'était pas encore à l'époque l'association Longitude 181. Depuis 2002 et son lancement, la charte est devenue incontournable au sein même des cursus de formation de certaines fédérations dont la FFESSM (Fédération française d'études et de Sports Sous-Marins). Mieux, "les tour operator l'ont intégré comme une évidence dans leurs offres touristiques", annonce avec fierté Patrice Bureau. Preuve que même la plongée n'échappe pas à la tendance de responsabilisation des usagers vis-à-vis de la fragilité de l'environnement.


