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À la CASUD, la Voie urbaine ravive les débats entre opposition et majorité tamponnaises

Ecrit par Prisca Bigot – le samedi 6 septembre 2025 à 07H49

Cinquante affaires étaient inscrites à l'ordre du jour de ce conseil communautaire du vendredi 5 septembre. À l'approche des élections, les échanges entre majorité et opposition tamponnaises se sont montrés plus incisifs qu'à l'accoutumée, notamment sur le projet de Voie urbaine du Tampon.

Les élus avaient presque trouvé un terrain d'entente sur le renforcement de la lutte contre l'errance animale.
Après avoir annoncé le week-end dernier la création d'une brigade de nuit de la fourrière et d’un nouveau refuge, la CASUD, via une motion adressée à l'État, demande l'assermentation des agents de la fourrière afin de verbaliser le nourrissage des animaux errants dans l'espace public.

Lire aussi : Errance animale : un refuge et une brigade de nuit annoncés par la CASUD

La motion propose aussi de soutenir les demandes d'indemnisation des éleveurs touchés par des attaques, d’aider au financement de chiens de garde pour les troupeaux et de renforcer les actions de sensibilisation à la bientraitance animale dans les écoles.

“Merci d'en avoir fait une priorité, mais dommage qu'elle intervienne qu'à six mois des élections”, tacle d'entrée de jeu la conseillère communautaire et municipale Nathalie Bassire. “Nous avons eu tellement raison qu'une réunion est prévue avec le préfet mardi prochain sur le sujet”, se félicite le président Jacquet Hoarau.

Passe d’armes autour des dépenses de la CASUD

La passe d'armes suivante a porté sur l'aménagement des bureaux du siège administratif de la CASUD. “Un dossier qui illustre à lui seul la gabegie qui règne depuis plusieurs années à la CASUD. En 2014, les lieux ont été abandonnés au seul motif qu'ils avaient été réalisés par le prédécesseur Didier Robert. Finalement, ils ont été investis, mais des malfaçons ont été découvertes et il y a une explosion des coûts en milliers d'euros de deniers publics”, pointe Nathalie Bassire. “Pas de malfaçons, mais des modifications”, réplique de son côté Jacquet Hoarau.

Sur l’acquisition de véhicules via une centrale d’achat, l’élue de l’opposition poursuit : “12 SUV hybrides flambants neufs pour mener un train de vie de princesse au frais des contribuables”.

“Ces véhicules ne sont pas pour les élus mais pour les personnels. Je pense qu'ils seront contents”, contre-attaque de nouveau le président.

“Un vieux rêve” ou un projet nécessaire ?

Les ZAE du 14e et 19e km ont aussi fait l’objet de critiques. Nathalie Bassire, toujours offensive, qualifie les projets de “riz tourné gâté depuis 2014 alors que la zone de Trois-Mares est achevée mais toujours pas investie”. “C'est aussi indigeste de vous entendre à chaque fois critiquer”, lui renvoie alors Jacquet Hoarau.

Enfin, l’affaire portant sur l’avis relatif à la demande d'autorisation environnementale pour la Voie urbaine du Tampon a conclu les échanges houleux. Si la majorité défend un projet ayant pour objectif “d'améliorer la mobilité tout en respectant l'environnement”, l’opposition tamponnaise pointe “un gaspillage d'argent public pour un vieux rêve”.

Lire aussi : Voie urbaine du Tampon : "Les travaux démarrent avant la fin de l’enquête publique", dénonce un collectif

Pour fluidifier la circulation, Nathalie Bassire et Gilles Fontaine plaident pour une contournante. Mais pour le président de la CASUD, le nouvel axe routier ne ferait que formaliser l’existant : “Avec le projet de nouvel axe routier, on n’augmente pas le débit de voitures, elles passent déjà par là”. Puis, s’adressant directement à Nathalie Bassire, il conclut, incisif : “Vous vous faites le chantre d'une déviation de la ville mais vous avez été au conseil régional, vous avez été le bras droit de Didier Robert, et pendant votre mandat, vous n'avez rien fait pour le Tampon”.

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