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Le "guide de survie du surfeur à la Réunion" dans les surf shops de St-Gilles

Ca y est, le "Guide de survie du surfeur à la Réunion" est disponible et gratuit dans les différents surf shops de la zone balnéaire saint-gilloise. Jusque-là, les compilations de données sur les attaques de requins à la Réunion restaient prisonnières des différents ouvrages de travaux universitaires. Le livret se veut grand public et pédagogique.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 26 décembre 2011 à 07H28

Une goutte d'eau dans l'océan diront certains. Une contribution constructive dans le monde tumultueux du surf local déchiré un peu plus depuis l'arrivée de l'organisation internationale Sea Shepherd à la Réunion, diront d'autres.

Le "Guide de survie du surfeur à la Réunion" a le mérite d'exister. Elément à souligner : il a été préparé par l'association Frères de la Côte, en place depuis tout de même dix ans et sur fonds propre de l'association.

Les meilleures conditions avant de se mettre à l'eau

Quand son expérience de globe-trotter des spots de surf (Hawaï, Côte Ouest américaine,...) ne suffit plus, Christophe Matéi, président de l'association, décortique les données scientifiques à disposition. Quelques mémoires ou autres thèses et études d'organismes spécialisés ont par le passé abordé le phénomène des attaques de requins. Des données qu'il fallait forcément réviser à la lumière de la série d'attaques de 2011.

"Le livret sert de guide pour savoir quelles sont les meilleures conditions avant de se mettre à l'eau" explique Christophe Matéi. Le fascicule mêle aussi les avis de scientifiques comme Bernard Seret, biologiste marin : "On note depuis 25 ans un accident par an en moyenne, avec parfois des années noires. En 1992, il y a eu 4 accidents et 2 morts et cette année : 5 accidents et 2 morts. La problématique est donc récurrente. En réalité, il n’y a pas de changement de comportement des requins, a priori. Ils sont en maraude, à la recherche de nourriture. C’est le comportement humain qui a changé et modifié l’environnement marin".

L'ouvrage compile également les faits-divers en la matière. La plupart des attaques surviennent en fin d’après-midi, entre 16 et 20 heures comme en Australie où 50% des attaques ont eu lieu durant cette tranche horaire. La baisse de visibilité augmente aussi la confusion souvent évoquée des surfeurs ou des baigneurs avec les proies préférées des requins.

Quant aux jours de la semaine, les week-end connaissent des taux de fréquentation élevés et font l’objet en moyenne de 10 à 15% d’attaques supplémentaires suivant les régions et la période de l’année.

La distance de la côte

Selon les pays, cette distance de la côte varie de 20 à 100m. L’Afrique du Sud toute proche par exemple, a intégré le phénomène (228 attaques de 1828 à 1999). Chez nos voisins, 65% des attaques ont eu lieu à moins de 100 m du bord, alors qu’à la Réunion la distance moyenne est de 35 m. Cela explique pourquoi certaines victimes moyennement blessées ont pu rejoindre la berge par leurs propres moyens.

 

Enfin, parmi les conditions à risques, certaines espèces des zones tropicales et sub-tropicales comme le requin tigre ou le requin bouledogue semblent apprécier les eaux de faible salinité et chargées en particules organiques, des conditions que l’on rencontre après de fortes pluies.

La prochaine étape pour Frères de la Côte est de sortir courant 2012 une application smartphone qui interrogera le spot de surf sur lequel projette de se lancer à l'eau le pratiquant. Conditions météorologiques, distance de la dernière forte pluie, heure, attaques passées,… Bref, une compilation de données qui permettra de donner une note de sécurité au spot concerné.

Frères de la Côte a décidément l'intention d'opérer dans le pragmatisme pour sortir de cette spirale. "La communauté du surf perd son temps et finit par agacer l'opinion en demandant des solutions que ne prendront jamais les autorités, comme rouvrir la réserve marine ou fermer la ferme aquacole. A vouloir demander des solutions irréalistes, nous passons à côté de solutions beaucoup plus simples". Entre autres pistes, le président de l'association réitère sa demande de mise à disposition de poubelles à déchets de poissons, installées sur le port de Saint-Gilles. A défaut de changer les comportements de certains pêcheurs. Une fois dans l'eau, sans doute que la sécurisation des surfeurs passera par l'occupation de la colonne d'eau par des apnéistes et en surface par des zodiac. Une solution qui aura le mérite de faire travailler de concert tous les acteurs du monde marin.

Le guide "papier" de survie du surfeur réunionnais quant à lui, est en libre accès dans les surf shops de la zone balnéaire et également téléchargeable sur [frères de la côte]urlblank:http://www.lesfreresdelacote.net/laboratoire_a_idees.ws .

 

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