Maurice veut sanctionner le gaspillage énergétique dans les entreprises et les services publics

Depuis le 1er mai 2026, un nouveau cadre réglementaire est entré en vigueur à Maurice pour mettre fin aux usages jugés non essentiels de l’énergie électrique dans les entreprises et les services publics. Un signal fort, adressé dans un contexte géopolitique particulièrement tendu.
La guerre dans le Moyen-Orient renforce le sentiment d’urgence autour de la transition énergétique à Maurice, notamment pour préserver la souveraineté nationale du pays. La vulnérabilité de l’île Sœur est particulièrement aiguë : sa dépendance énergétique aux importations aurait atteint 90,9 % en 2024 selon le géopoliticien François Gemenne, récemment invité lors d’une conférence sur la crise pétrolière organisée par la banque mauricienne MCB.
Dès début 2025, dans un contexte énergétique jugé préoccupant, le ministre de l’Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden, avait alerté sur l’état du parc de production électrique national, qui repose en grande partie sur des équipements vieillissants.
Les écrans publicitaires lumineux dans le viseur
Depuis le 1er mai dernier, une réglementations est entrée en vigueur, ciblant la consommation d’électricité « non essentielle » dans le cadre d’une initiative nationale de lutte contre le gaspillage énergétique. Ces normes de régulation d’efficacité énergétiques (Energy Efficiency Regulations) sont prévues pour une durée de six mois et excluent la population pour ne s’appliquer qu’aux entreprises et aux services publics.
Ces nouvelles dispositions font suite à de multiples mises en garde des autorités sur le fonctionnement d’écrans publicitaires lumineux et sur l’utilisation de l’électricité pour des activités non prioritaires, selon la presse mauricienne.
Les nouvelles réglementations visent à interdire plusieurs catégories précises d’usage de l’électricité du réseau, comme les éclairages décoratifs et ornementaux, l’illumination des façades de bâtiments à des fins esthétiques, le fonctionnement de panneaux publicitaires lumineux ou encore le fonctionnement de la climatisation dans des espaces commerciaux inoccupés.
De 105 à 210 euros d'amende
Le gouvernement dit vouloir aussi interdire l’utilisation des fontaines décoratives et l’éclairage des installations sportives extérieures lorsqu’elles ne sont pas en activité. Les réglementations exemptent les services essentiels comme les hôpitaux et établissements médicaux, la police, les pompiers et les services de réponse aux catastrophes.
Le non-respect de ces réglementations expose les contrevenants à des sanctions, notamment une amende pouvant aller de 105 à 210 euros environ, selon la gravité des cas, ainsi qu’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an.
Toutefois Maurice assure que la répression ne sera pas immédiate et aveugle. Les lieux publics sont exclus du dispositif de réglementation et une distinction sera de mise entre les infractions légères et les cas de gaspillage aggravé.
Une stratégie à long terme contre le gaspillage énergétique
En mars 2026, un projet de cinq ans financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et soutenu par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) a été lancé pour tenter de lever les obstacles techniques, institutionnels et financiers qui ont jusqu’ici freiné la mise en œuvre effective des mesures obligatoires d’efficacité énergétique.
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Le budget 2025–2026 de Maurice a énoncé une série de mesures ambitieuses pour accélérer la transition énergétique de l’île. Le déblocage de 30 milliards de roupies mauriciennes (environ 550 millions d’euros) d’investissements dans des projets solaires et de biomasse devrait porter la contribution des énergies renouvelables dans le mix électrique à plus de 35 % à l’horizon 2028, en ajoutant une capacité agrégée de 376 MW supplémentaires, selon l’Economic Development Board of Mauritius.


