"On n’acceptera pas" : tensions autour du plan de redressement de la SPL Estival

La direction de la SPL Estival et l’intersyndicale UR974-FO-CGTR se sont réunies ce mercredi au siège de l’entreprise à Bras-Panon pour discuter du nouveau plan de sauvegarde pour l’emploi (PSE). Ce projet, qui vise à combler un déficit de 3,2 millions d’euros, prévoit aussi bien des licenciements que des baisses de salaires allant de 150 à 300 euros selon les coefficients de base, indique l'intersyndicale UR974-FO-CGTR, qui juge ces mesures "inacceptables".
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Dans un communiqué publié ce mercredi, la direction générale de la SPL Estival a détaillé les mesures mises en place pour répondre à une situation financière critique. L’entreprise, en procédure de redressement judiciaire depuis août 2023, a élaboré un plan de continuation qui vise à stabiliser son activité dès 2025. Selon ce document, deux axes principaux guideront cette relance : l'amélioration de la qualité de service pour les usagers et la modernisation des offres de mobilité.
"Repartir sur des bases saines"
Le plan prévoit cependant une réorganisation significative, avec la suppression de 26 postes dans les fonctions supports sur un total de 130 collaborateurs, et une modification des contrats de travail pour les salariés restants. Ces derniers devront accepter une baisse de leur rémunération d’environ 8%, le point d'indice passant de 9,42 € à 8,65 €.
Malgré ces ajustements, la direction affirme vouloir limiter les impacts sociaux en explorant des alternatives comme la mutualisation des services et le reclassement interne. "Ce plan de redressement marque un tournant décisif pour la SPL Estival", conclut la direction, insistant sur la nécessité de repartir sur "des bases saines" pour assurer la pérennité des services de transport dans l’Est de La Réunion.
Les syndicats dénoncent une gestion contestable
Selon Sarah Lambert, déléguée syndicale FO, ce PSE a été présenté de manière unilatérale par la direction et l’administrateur judiciaire, sans réelle concertation avec les syndicats. "On est au pied du mur. La SPL n’a pas le choix, au regard des moyens alloués par la CIREST, que de procéder à ces licenciements et modifications de contrats. Mais c’est vécu comme un chantage. Si nous refusons, la liquidation judiciaire sera demandée", déclare-t-elle.
L’intersyndicale a exigé la nomination d’un cabinet indépendant pour analyser les propositions de la direction et évaluer la viabilité du plan. Cette demande a été acceptée, bien que Sarah Lambert y voie une obligation légale plutôt qu’un geste de bonne volonté.
Pour Sarah Lambert, la responsabilité de cette crise repose en grande partie sur une mauvaise gestion antérieure, notamment "les 30 embauches non financées depuis 2020". Elle pointe également une inégalité dans les mesures envisagées : "On va licencier des salariés avec 19 ans d’ancienneté tout en préservant des embauches récentes, parfois liées à des élus locaux. Cela n’est pas acceptable. Derrière chaque salarié, il y a une famille".
La déléguée syndicale rappelle également les conclusions des audits menés l’année dernière, qui avaient déjà mis en lumière des irrégularités financières, notamment des "frais de bouche injustifiés" et d’autres dépenses superflues.
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Un deuxième PSE en un an
Ce PSE intervient moins d’un an après une première baisse des salaires acceptée par les salariés en janvier 2024. À l’époque, un accord avait été conclu pour éviter tout licenciement. "C'était ça ou sinon la porte. Mais finalement, 11 mois après, on y arrive à la porte. En tout cas, l'intersyndicale UR974-FO-CGTR n'acceptera pas de faire un effort supplémentaire pour payer les frais de bouches occasionnés par l'ancienne direction", insiste Sarah Lambert.
Une audience étape devant le tribunal de commerce aura lieu la semaine prochaine dans le cadre de la troisième et dernière période d'observation ouverte (18 mois de procédure). Une étape avant le dernier rendez-vous qui scellera l’avenir de la SPL prévu en février 2025. D’ici là, la direction compte finaliser ce PSE. Mais l’intersyndicale UR974-FO-CGTR reste déterminée à lutter contre ce qu’elle considère comme une injustice sociale.


