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"Une heure de vie personnelle gagnée par jour" : Baobab Express entre en service ce mardi 9 juin

Ecrit par S.I. – le mardi 9 juin 2026 à 07H24

Dès ce mardi 9 juin, une nouvelle ligne express reliera Sainte-Suzanne à Saint-Denis via Sainte-Marie. Horaires élargis, trajet optimisé et tarifs accessibles : la CINOR et Citalis espèrent convaincre davantage d'automobilistes d'abandonner leur voiture pour les trajets domicile-travail.

Chaque matin, des milliers d'automobilistes venus de Sainte-Suzanne et de Sainte-Marie passent parfois plus d'une heure dans les embouteillages avant d'atteindre Saint-Denis. Un temps perdu qui pèse sur la qualité de vie, le budget des ménages et même la santé des usagers. Pour tenter d'apporter une réponse concrète à cette situation, la CINOR et Citalis lancent, à compter de ce mardi 9 juin, Baobab Express, une nouvelle ligne de transport en commun reliant Sainte-Suzanne à la station du Chaudron via Sainte-Marie. 

Lire aussi : CINOR : Le projet Baobab veut mettre fin aux bouchons dans le Nord de La Réunion d'ici 2030

Présenté ce lundi à la station du Chaudron lors d'une conférence de presse par Jacques Lowinsky, président de la CINOR, aux côtés du PDG de Sodiparc Gérard Françoise, de la maire de Saint-Denis Ericka Bareigts et de la maire de Sainte-Marie Céline Sitouze, ce dispositif constitue l'une des premières réalisations du projet Baobab destiné à fluidifier les déplacements à l'entrée Est du chef-lieu. L'ambition est affichée : convaincre davantage d'automobilistes de laisser leur véhicule au garage en proposant une alternative rapide, fiable et accessible.

Finis les départs trop tardifs

Pour Jacques Lowinsky, l'objectif va bien au-delà de la simple création d'une nouvelle ligne de bus. "Baobab Express, c'est de dire combien on gagne du temps dans les transports en commun et comment le transport en commun peut être efficace", explique le président de la CINOR.

Pensée avant tout pour les actifs, la nouvelle ligne proposera des départs beaucoup plus matinaux que l'offre existante. Le premier bus quittera désormais Sainte-Suzanne dès 5h25. "Jusqu'à maintenant, les bus partaient à 7 heures ou 7h10 et pour certains travailleurs, c'était déjà trop tard", souligne Jacques Lowinsky.

Grâce à un itinéraire simplifié et à un nombre limité d'arrêts, les promoteurs du projet promettent des temps de trajet nettement réduits. "La promesse de Baobab Express, c'est de gagner une demi-heure sur sa vie le matin et une demi-heure le soir", affirme-t-il, avant d'ajouter : "Cela représente une heure de vie personnelle récupérée chaque jour."

Un enjeu de pouvoir d'achat... mais aussi de santé publique

Le lancement de Baobab Express intervient dans un contexte particulièrement tendu pour les déplacements dans le Nord de l'île. Sur le territoire de la CINOR, qui compte plus de 201.000 habitants, la congestion routière s'est fortement accentuée ces dernières années. Chaque jour, près de 100.000 véhicules entrent dans Saint-Denis, dont environ 60.000 en provenance de l'Est.

"Aujourd'hui, nous ne parlons pas de promesses. Nous parlons d'une vraie solution", insiste Gérard Françoise, PDG de Sodiparc. Selon lui, la mobilité est devenue bien plus qu'une simple question de transport.

Un constat partagé par Ericka Bareigts. "Quand on passe une, deux voire trois heures dans les bouchons, le stress augmente. Derrière, ce sont des problèmes cardiovasculaires, mais aussi du temps familial et social qui disparaît", souligne la maire de Saint-Denis.

Pour cette dernière, proposer des solutions concrètes aux travailleurs revient donc aussi à répondre "à une souffrance quotidienne de nombreuses familles".

Une alternative économique face à la hausse du carburant

L'argument financier constitue également l'un des piliers du projet. Depuis le 1er avril, le prix du carburant a augmenté de 42 centimes par litre pour le sans-plomb et de 52 centimes pour le gazole, renforçant les difficultés des ménages déjà confrontés à la vie chère.

Dans ce contexte, Baobab Express se veut une solution compétitive. "Quand le carburant augmente, le bus doit devenir une évidence", estime Gérard Françoise.

Le trajet est proposé à 1,60 euro à bord, 1,30 euro dans les Espaces Mobilités et chez les dépositaires Citalis. Le carnet de dix voyages est quant à lui commercialisé à 10 euros.

"Qui peut faire Sainte-Suzanne - Saint-Denis pour moins cher qu'un litre de carburant, sans entretien, sans assurance et sans stationnement ?", interroge le dirigeant de Sodiparc. "C'est tout simplement Baobab Express."

Une ligne conçue pour les travailleurs

La nouvelle desserte reliera l'École Quartier Français à Sainte-Suzanne à la station du Chaudron en passant par le rond-point de La Marine, l'Hôtel de Ville de Sainte-Suzanne, l'église de Sainte-Marie, l'Hôtel de Ville de Sainte-Marie et le Stade de l'Est dans le sens aller.

Les départs sont programmés à 5h25, 6h00, 6h30 et 7h10. Les retours depuis Saint-Denis auront lieu à 15h30, 16h30, 17h30 et 18h00.

Pour Céline Sitouze, ces nouveaux horaires répondent précisément aux attentes exprimées par la population. "Ceux qui prennent leur voiture aujourd'hui sont principalement ceux qui vont travailler. Et ce sont eux qui créent les embouteillages. Nous devons donc trouver des solutions adaptées à leurs horaires", martèle la maire de Sainte-Marie. 

L'édile se félicite également de la création d'un nouvel arrêt à proximité de l'église de Sainte-Marie : "Nous sommes ici au cœur de quartiers très peuplés comme La Réserve ou Les Gaspards. Cet arrêt est essentiel pour rapprocher le service des habitants."

La maire envisage même de développer à terme une forme de parking relais grâce aux emplacements disponibles autour de l'église afin d'encourager davantage d'usagers à emprunter les transports collectifs.

Une première étape avant un réseau plus ambitieux

Tous les intervenants s'accordent toutefois sur un point : Baobab Express ne constitue qu'une première réponse. L'augmentation progressive du nombre de bus, le développement de solutions de rabattement depuis les quartiers des hauts, la création de parkings relais ou encore le déploiement du téléphérique urbain figurent parmi les pistes évoquées pour les années à venir.

Ericka Bareigts rappelle ainsi que le projet s'inscrit dans une stratégie globale associant bus, téléphérique et mobilité douce. "Nous avons déjà les navettes, nous développons le téléphérique et nous devons également poursuivre l'aménagement de pistes cyclables sécurisées", explique-t-elle.

Pour Jacques Lowinsky, l'enjeu est désormais de convaincre les habitants de changer progressivement leurs habitudes. "Nous savons que c'est encore timide", reconnaît-il. Mais le président de la CINOR en est convaincu : lorsque les automobilistes verront les usagers de Baobab Express rejoindre Saint-Denis en moins d'une demi-heure pendant qu'eux restent bloqués dans les embouteillages, certains pourraient bien être tentés de monter à bord.

Reste maintenant à transformer l'essai. Car le succès de Baobab Express se mesurera moins au nombre de bus mis en circulation qu'à sa capacité à faire évoluer durablement les pratiques de déplacement sur l'un des axes les plus congestionnés de La Réunion.

Etiquettes : Baobab | CINOR | Citalis | Mobilité | PU1 | Sodiparc | Transport

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