Un professeur de l’UFR Santé suspendu durant six mois à titre conservatoire de l’Université de La Réunion et du CHU

Un professeur de l’UFR Santé et praticien du CHU de Saint-Pierre a été suspendu à titre conservatoire par l’Université de La Réunion à la suite d’une accusation de messages inappropriés à caractère sexuel envers des étudiants. Le juge des référés a confirmé la mesure de suspension du spécialiste en neurologie.
Un an après les révélations par Zinfos974 au sujet de la suspension de ses fonctions d’un professeur de l’UFR Santé reconnu coupable de comportements et gestes inappropriés à l’égard d’étudiants, un autre professeur a été suspendu le 20 avril dernier par l’Université de La Réunion, à titre conservatoire et pour une durée de six mois.
Cette fois encore, le professeur visé enseigne à l’UFR Santé. Spécialisé en neurologie, il est praticien au CHU de Saint-Pierre où il exerce aussi à titre libéral. Selon nos informations, la direction de l’Université de La Réunion a été destinataire de captures d’écran faisant état de messages inappropriés à caractère sexuel qui auraient été tenus par l’enseignant envers des étudiants.
Le professeur de l’UFR Santé conteste les faits et a engagé une procédure en urgence devant le tribunal administratif afin d‘obtenir la suspension de la sanction provisoire dont il est frappé.
Des captures d'écran de messages à caractère sexuel
Il a notamment fait valoir un défaut de motivation de la suspension conservatoire qui le frappe, ainsi qu’un vice de procédure en raison notamment de l'absence de communication du dossier ou encore d’une atteinte au principe de non-discrimination.
Sur le fond de l’affaire, le professeur de l’UFR Santé se défend en exposant que les pièces versées au dossier par l’Université de La Réunion ne constitueraient aucunement des preuves matérielles, puisque les captures d’écran incriminées ne correspondraient pas à son propre numéro de téléphone.
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L’unique témoignage à charge versé au dossier serait par ailleurs postérieur à la décision de suspension à titre conservatoire dont il fait l’objet. À l'inverse, le requérant aurait présenté au tribunal une dizaine de témoignages de moralité en sa faveur émanant de son entourage professionnel.
Pas d'urgence à statuer selon le tribunal
Dans une ordonnance en date du 26 mai, le juge des référés a confirmé la mesure de suspension, sans toutefois se prononcer sur la légalité de la procédure. Le magistrat du tribunal administratif a considéré que l’urgence n’était pas constituée, estimant que malgré les 17.000 euros de perte de rémunération mensuelle au titre de son activité libérale au CHU, le professeur de l’UFR Santé n’était pas en difficulté financière puisqu’il conservait ses traitements à l’université (4.900 euros) et au centre hospitalier (3.800 euros), ainsi que des revenus locatifs élevés.
Si la suspension pour six mois à titre conservatoire de ses fonctions à l’Université de La Réunion s’accompagne d’une sanction identique pour ses activités au CHU de Saint-Pierre, cette dernière n’aurait été notifiée que par un courriel en date du 24 avril dernier.
Le CHU garde ses distances avec l'Université de La Réunion
Devant le tribunal, la direction du CHU a clairement semblé se désolidariser de celle de l’établissement d‘enseignement supérieur, en expliquant que la requête du professeur de l'UFR Santé ne la concernait pas, puisque les courriers visés avaient été rédigés par l’Université de La Réunion.
Le Centre hospitalier universitaire va même plus loin en relevant que « la décision du président de l’université du 20 avril 2026 est entachée d’incompétence ». Une position que le CHU devrait étayer lors de l’examen sur le fond du dossier par le tribunal administratif dans les prochains mois. La juridiction devra alors se prononcer sur le respect de la légalité de la procédure ayant conduit à la suspension de l’enseignant.


