La députée Karine Lebon interpelle le ministre Darmanin : "Des excuses ne protègent pas les enfants"

Lors de la séance de questions au gouvernement qui s'est tenue mardi à l'Assemblée nationale, la députée réunionnaise Karine Lebon a interpellé le garde des Sceaux, Gérald Darmanin. L'élue pointe "tout un système" défaillant.
Au lendemain des rassemblements organisés dans plusieurs villes de France en hommage à Lyhanna et pour dénoncer les violences faites aux enfants, la députée de La Réunion Karine Lebon a adressé un message sans concession au ministre de la Justice, Gérald Darmanin.
Faisant référence aux excuses présentées par le garde des Sceaux devant le Sénat, l'élue a réagi : "Moi aussi j'ai un cœur qui bat. C'est ce que vous avez déclaré ce matin devant nos collègues sénateurs. Mais le cœur de Lyhanna, lui, s'est arrêté."
Pour la parlementaire, "des excuses ne protègent pas les enfants".
Une dénonciation des défaillances institutionnelles
Karine Lebon est revenue sur le contexte du dossier et les nombreuses alertes qui ont précédé le drame. "Combien de temps allons-nous encore découvrir, après coup, que les alertes existaient, que les plaintes existaient, que les signaux existaient, que les institutions savaient ?", a-t-elle interrogé.
Plus largement, la députée estime que les victimles sont confrontées à "une offre de soins insuffisante, des institutions saturées" ainsi qu'à des procédures parfois classées sans suite.
"Le problème n'est plus l'absence de diagnostic. Le problème, c'est l'écart insupportable entre ce que l'État sait et ce que l'État fait", estime-t-elle.
Un appel à soutenir une loi sur la protection des victimes
Karine Lebon reproche également au gouvernement de ne pas engager les moyens nécessaires pour renforcer la protection de l'enfance.
La députée défend la proposition de loi intégrale, déjà déposée à l'Assemblée nationale et soutenue par plus d'une centaine de députés. "Mais c'est une question de choix politique. Et votre inaction coûte plus cher encore", a-t-elle tancé.
"Allez-vous enfin vous placer du côté des victimes et appuyer l'inscription de la proposition de loi intégrale à l'ordre du jour? Soit vous le faites. Soit vous partez.", a terminé son intervention la député réunionnaise.
Le ministre lui a répondu : "Je ne vous permets pas d'évoquer le terme de complicité dans mon action personnelle".
Leur échange devant l'Assemblée nationale ici.


