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Saint-André : le chauffeur d’une violente expédition punitive dédouane les membres du commando

Ecrit par Eric Lainé – le mercredi 10 juin 2026 à 16H56
Photo d'illustration

Mardi, un jeune de 21 ans, mis en examen et écroué le 29 mai dernier dans le cadre de l’expédition punitive à coups de couteau de Saint-André, a tenté de retrouver la liberté devant la chambre de l’instruction.

Le jeune homme de 21 ans, qui arrive menottes aux poignets devant la chambre de l’instruction ce mardi 9 juin, n’a pas de casier judiciaire et il est étudiant en 2ème année de sciences sociales. Profil lisse, il est néanmoins mis en examen pour complicité de tentative de meurtre. Il est suspecté d’avoir joué un rôle dans l’expédition punitive qui aurait pu coûter la vie à un jeune homme de 19 ans, dans la nuit du 26 au 27 mai dernier.

Ce jour-là, aux environs de 1 heure du matin, une scène digne d’un mauvais film de série B a pour théâtre le quartier Fayard à Saint-André. Un jeune homme de 19 ans rentre tranquillement chez lui à bord de sa voiture quand il tombe dans un traquenard. Un autre véhicule est en embuscade. Cinq personnes se tassent dans l’habitacle.

Un règlement de comptes plutôt qu’un car-jacking

Le conducteur reste derrière son volant à visage découvert tandis que ses quatre passagers, encapuchonnés et armés, fondent sur leur proie. Cerné, le jeune homme reçoit l’ordre de couper le contact de sa voiture. Pour échapper à ses agresseurs, il tente de prendre la fuite. En vain.

Ce qui pourrait ressembler à un car-jacking est en réalité un règlement de comptes. L’étudiant de 19 ans reçoit de multiples coups de couteau et de tournevis, notamment à la tête. Sérieusement blessé, c’est presque un miracle s’il en réchappe avec des blessures.

Il soutient avoir ignoré le projet de ses passagers cagoulés

L’enquête de police mène très vite à cinq suspects, plutôt jeunes et parfois mineurs. Le seul à avoir été formellement identifié cette nuit-là est l’étudiant de 21 ans, chauffeur du commando. En garde à vue, il fait des déclarations a minima tandis que les quatre autres suspects cagoulés nient en bloc toute implication dans le guet-apens.

L’étudiant raconte avoir été contacté par un mystérieux interlocuteur et n’avoir fait que convoyer les quatre individus sur les lieux de leur forfait. Il soutient avoir ignoré par avance leurs intentions et encore plus leur funeste projet qui consistait peut-être à éliminer un rival. D’ailleurs, il a mis les gaz pour s’enfuir quand il a vu les autres se déchaîner sur la victime dans une grande confusion puisque d’autres jeunes sont sortis des immeubles pour en découdre.

Un mystérieux commanditaire nommé « Papounou »

Les cinq suspects ont été mis en examen et placés en détention provisoire à l’issue de leur mise en examen pour tentative de meurtre et complicité. Avare de réponses tout au long de sa garde à vue, le chauffeur du commando a cependant fait une déclaration choc devant le magistrat instructeur en expliquant qu’il y avait erreur sur l’identité des personnes transportées cette nuit-là. Il a ainsi livré les surnoms des quatre membres du commando. Parmi eux, le commanditaire, un certain « Papounou ».

L’étudiant a dédouané les quatre autres suspects incarcérés comme lui. Pour l’heure, le mobile de ce règlement de comptes reste flou. Il pourrait s’agir d’un différend entre deux bandes rivales de Saint-André en lien avec un litige financier déjà ancien qui a pris des proportions démesurées comme cela s’est produit récemment dans d’autres quartiers tendus de l’Est comme Bras Fusil.

« Il est reparti sans savoir réellement ce qui s’est passé »

En attendant que l’instruction démêle le vrai du faux et établisse les charges précises qui pèsent sur les uns et les autres, l’avocate générale a requis le maintien en détention provisoire du chauffeur. Elle argue pour cela d’un risque de pression et de concertation sachant que des auditions et des confrontations restent à venir. D’autant que la magistrate est convaincue que l’étudiant a livré quatre surnoms au dernier moment pour éviter la détention.

Me Fabian Gorce, en défense, n’est évidemment pas de cet avis. Pour l’avocat, « ses déclarations minimalistes correspondent à sa participation elle aussi minimaliste ». Il soutient que son client ne connaissait en rien la finalité de ce transport. Tout comme il indique que la victime ne l’a pas désigné comme ayant pris part à la rixe. « Il est reparti sans savoir réellement ce qui s’est passé », poursuit-il. Quant au risque de concertation, il est persuadé qu’il est plus élevé dans la promiscuité de la prison de Domenjod qu’à l’extérieur. La décision a été mise en délibéré sans grand espoir à un stade aussi peu avancé de la procédure criminelle en cours.

Etiquettes : Agression | PU1 | Rixe | Saint-André

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