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Pourquoi l'océan Indien reste le grand oublié de l'histoire de l'esclavage ? Ce colloque international éclaire le passé réunionnais

Ecrit par L-H.T – le mercredi 10 juin 2026 à 19H04

Jusqu'au samedi 13 juin, la médiathèque Aimé-Césaire de Sainte-Suzanne accueille la huitième édition du colloque international de l'Unesco consacré aux Routes de l'esclavage et de l'engagisme dans l'océan Indien. Pendant quatre jours, des chercheurs venus des quatre coins du monde tentent d'éclairer un passé qui continue de façonner le présent réunionnais.

À Sainte-Suzanne, la huitième édition du colloque international de l'Unesco sur les Routes de l'esclavage et de l'engagisme arrive dans un contexte singulier. Quelques semaines après l'abrogation définitive du Code noir par le Parlement français, la question de la mémoire coloniale est revenue sur le devant de la scène. Mais ici, il ne s'agit ni de slogans ni de polémiques. Il s'agit d'histoire. De recherche. De nuances.

Depuis mercredi 10 juin et jusqu'à samedi 13 juin, historiens, anthropologues, sociologues et spécialistes venus d'Afrique, d'Europe, d'Asie, des Amériques et de l'océan Indien confrontent leurs travaux autour d'un espace longtemps resté dans l'ombre des grandes études consacrées à l'esclavage. L'océan Indien.

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Car l'histoire réunionnaise ne s'écrit pas seulement avec les mots "esclavage" ou "abolition".

Elle passe aussi par l'engagisme, ces migrations sous contrat qui ont profondément transformé la société réunionnaise après 1848. L'un des intérêts majeurs du colloque réside précisément dans cette volonté d'étudier ensemble ces deux systèmes, non pour les confondre, mais pour mieux comprendre leurs continuités, leurs ruptures et leurs héritages.

Les interventions explorent donc des thèmes aussi variés que les routes de la traite dans l'océan Indien, les engagés venus d'Inde, de Chine ou d'Afrique, les résistances des personnes réduites en esclavage, les trajectoires des femmes, les processus d'abolition ou encore les mémoires transmises de génération en génération.

Comment raconter ces histoires aux nouvelles générations ?

Le rendez-vous est aussi un hommage discret à l'historien réunionnais Sudel Fuma, disparu en 2014, dont les travaux ont largement contribué à inscrire l'océan Indien dans les grands programmes internationaux de recherche de l'Unesco consacrés aux mémoires de l'esclavage.

Parmi les invités figure également Doudou Diène, ancien directeur du projet "La Route de l'esclave" à l'Unesco et ancien rapporteur spécial des Nations unies sur le racisme, figure internationale des politiques mémorielles.

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Au fond, le véritable enjeu dépasse largement les amphithéâtres.

Comment raconter ces histoires aux nouvelles générations ? Comment transmettre un passé parfois douloureux sans le simplifier ? Comment faire dialoguer la recherche, l'école et la mémoire collective ?

Des questionnements qui continuent encore aujourd'hui de traverser le présent.

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