Revenir à la rubrique : Océan Indien | Société

Les amis de Fatima Mzé Saïd appellent à sa libération

Emprisonnée aux Comores le 23 juillet, la militante associative Fatima Mzé Saïd a reçu ce mercredi le soutien de ses amis réunionnais qui réclament sa libération. Cette travailleuse sociale et mère de quatre enfants, devenue la référente officieuse à La Réunion pour les personnes en situation d’Evasan, est notamment accusée de diffamation par un proche du président Azali Assoumani.
Ecrit par Thierry Lauret – le mercredi 31 juillet 2024 à 14H25

Convoquée à la gendarmerie de Foumbouni, sur l’île de Grande Comore, le 23 juillet dernier, pour un motif qui ne lui avait selon elle pas été signifié, Fatima Mzé Saïd n’a toujours pas été libérée depuis. Sur sa page Facebook, la journaliste Faïza Soulé Youssouf, correspondante de l’AFP aux Comores, indiquait mardi 30 juillet que Fatima Mzé Saïd venait d’être placée « sous mandat de dépôt à la prison de Moroni » et qu’elle était « accusée de diffusion, divulgation de fausses nouvelles, atteinte à l’image d’une personne, discrédit sur les institutions et leur fonctionnement, injure et diffamation » à l’encontre du Délégué de la Défense Youssoufa Mohamed Ali.

Ce mercredi matin à Saint-Denis de La Réunion, où Fatima Mzé Saïd vit depuis une dizaine d’années, ses soutiens réunis pour réclamer sa libération n’ont pas souhaité commenter ces chefs d’accusation, arguant que les informations en leur possession ne leur permettaient pas de s’exprimer sur le motif d’incarcération.

Une manière de ne pas envenimer la situation, alors que l’espoir qu’une libération de la Franco-Comorienne une fois la date de son procès fixée, demeure une possibilité envisagée par sa famille et ses soutiens. Les chefs d’accusations, s’ils témoignent du caractère politique de l’emprisonnement de Fatima Mzé Saïd, doivent permettre sa remise en liberté au regard du droit comorien, selon un avocat proche du dossier. Mais le fait que sa garde à vue a été prolongée bien au-delà du délai légal de 48 heures, appelle à la prudence.

Ses soutiens et amis réunionnais ont donc surtout voulu insister ce matin sur la personnalité et l’engagement de cette mère de quatre enfants, qui était invitée à un mariage aux Comores lorsqu’elle a été arrêtée.

« Elle répond aux besoins de ceux qui sont en difficulté »

 

« C’est une travailleuse sociale, elle est famille d'accueil notamment pour les malades ou les porteurs de handicap. Cela montre que c’est plus qu'un travail pour elle, c'est un engagement », a ainsi relevé Julie Pontalba, présidente du Mouvement réunionnais pour la paix.

« Fatima a créé l'association Echanges Comores OI dont elle est la présidente, pour faire le lien entre les familles des Evasan. Les médecins et les assistantes sociales aussi s'appuient sur elle. Son téléphone est toujours ouvert, elle répond aux besoins de ceux qui sont en difficulté. Au mouvement pour la Paix, elle a toujours été là », a souligné Julie Pontalba.

Une amie de Fatima Mzé Saïd, qui préfère garder l’anonymat pour préserver sa famille aux Comores, a expliqué comment son absence était préjudiciable pour les personnes étrangères évacuées pour raison sanitaire.

« Hier, il y a eu une Evasan et on n'était pas là, parce que je n’ai pas pu m’y rendre et que Fatima est en prison. Donc cette personne en phase terminale n'a pas eu de visite. Il n’y avait personne pour la soutenir, pour comprendre et traduire, pour lui dire ce qui se passe. On soutient tout le monde, des Mauriciens, des Malgaches... On soutient aussi les gens qui sont au Petit-Marché et qui n'ont rien à manger. Je demande, au nom de tous ces gens-là, de tous ces malades, de tous ces démunis, la libération de notre présidente s’il vous plaît », a imploré son amie.

Fatima Mzé Saïd devait prendre son avion du retour samedi afin de préparer la rentrée scolaire de ses enfants.

Arrêtée par la gendarmerie, Fatima Mzé Saïd est détenue aux Comores

Etiquettes : Azali Assoumani | Comores

Dans la même rubrique

0💬
Tri :