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Législatives : Les enjeux politiques dans chaque circonscription

Les candidats aux élections législatives à La Réunion sont maintenant connus. Tour d’horizon des circonscriptions aux plus fortes frictions et aux scrutins les plus incertains.
Ecrit par Baradi Siva – le lundi 17 juin 2024 à 07H19

Les acteurs politiques réunionnais sont partagés entre l’enjeu national du barrage à l’extrême droite qui pourrait accéder au pouvoir et les préoccupations locales autour des prochaines échéances électorales dont les Municipales. Cela se traduit par un nombre de candidats importants sur chaque circonscription. Ils sont 60 à se lancer ce lundi dans la campagne pour les élections législatives anticipées.

Les sept députés sortants brigueront un nouveau mandat. Ils retrouveront une partie de leurs adversaires de 2022. Certains duels du second tour de l’époque risquent d’être rejoués en juillet.

La semaine de négociations qui vient de s’achever avant la fin du dépôt de candidatures a été marqué au niveau national par la création du Nouveau Front populaire à gauche, le déchirement des Républicains autour de l’alliance avec le RN, une lutte intestine chez Reconquête, et l’appel de Renaissance aux déçus qui se retrouvent orphelin d’un parti après tous ces bouleversements.

Au niveau local, la pré-campagne a vu des grandes manœuvres à gauche entre les camps Bareigts et Bello. La droite s’est cherchée et a eu du mal à se trouver, elle-même, comme ses candidats. Le centre, proche du parti présidentiel, a critiqué depuis les gradins. Le RN est resté quasi immobile, attendant les ordres de Paris.

L’enseignement principal de cette semaine de pourparlers et de l’analyse des dépôts de candidature : les Municipales 2026 sont au cœur du scrutin des Législatives 2024.

 

Législatives 2024 : La liste des 61 candidats à La Réunion

 

1ère circonscription : une étiquette qui change

 

Le député sortant, Philippe Naillet, fait partie de ceux qui ont obtenu le soutien des deux plateformes de gauche. “Sur la première, i fo pa mayé, c’est Naillet”, a lancé Patrick Lebreton.

Déjà seul candidat de la gauche en 2022, le protégé d’Ericka Bareigts était sorti en ballotage favorable et s’était imposé de plus de 20 points au second tour.

En plus de l’union à gauche, il avait profité de la division à droite. Jean-Jacques Morel s’était qualifié au second tour, mais s’était retrouvé à la traîne sans le soutien des Républicains. Le parti central de l’Union de la droite et des centres avait même envoyé Murielle Sisteron au combat au premier tour (3,93%).

Déçu, Jean-Jacques Morel s’est tourné vers le RN qui est sorti en tête de cette circonscription aux Européennes. Il surfe sur la vague de l’extrême droite et espère cette fois pouvoir se battre avec de meilleures armes au second tour.

Mais l’extrême droite aussi est divisée. Ainsi, Gaëlle Lebon, candidate RN en 2022 qui avait obtenu 13,04% a quitté le parti pour créer le sien. Elle arborera les couleurs de Reconquête qui est sorti cinquième des Européennes sur cette circonscription.

D’autres candidatures pourraient aussi éparpiller les voix. Le centriste Gino Ponimballom a avancé son retour à La Réunion pour participer à la campagne. Et à droite, l’ancien maire, René-Paul Victoria sera aussi de la partie.

 

2ème circonscription : le scrutin le plus calme ?

 

La candidature de la députée sortante, Karine Lebon, fait consensus à gauche. L’élue pourra jouir d’un soutien sans faille dans la circonscription où la gauche a donné le plus de fil à retordre au RN lors des Européennes à La Réunion.

Elle aura face à elle sept candidats. Des noms connus seront présents comme Erick Fontaine, président du CNL, qui avait été le troisième homme du scrutin de 2022. Le syndicaliste Alix Méra sera aussi en course.

Le RN remplace Michelle Graja par Christelle Bègue. Et Reconquête, Claude Moutouallaguin.

La gauche unie devrait sortir en tête du premier tour. Christelle Bègue semble la mieux placée pour la rejoindre au second tour, mais le scrutin semble ouvert.

 

3ème circonscription : le scrutin le plus trouble

 

Nathalie Bassire, députée sortante de droite, mais qui a siégé avec les indépendants (Liot), brigue un nouveau mandat. Elle avait bénéficié de la division de ses adversaires pour décrocher l’écharpe. Une situation qui pourrait se reproduire.

Face à elle, Alexis Chaussalet, qui avait été éliminé pour 57 voix, à cause des batailles internes de la gauche, n’aura toujours pas le soutien engagé et impliqué des autres partis de son camp politique.

Comme en 2022, le socialiste Jean-Jacques Vlody sera présent et devrait contribuer à éparpiller les suffrages. Monique Bénard, qui siège dans l’opposition à la mairie du Tampon, participera aussi au scrutin et devrait aussi s’octroyer des voix sur les cantons tamponnais.

La situation sur cette circonscription est inédite du côté du RN. Joseph Rivière a été choisi sur la 3e. Il remplace Didier Hoareau qui était candidat en 2022. Le transporteur a décidé de maintenir sa candidature et pourrait donc diviser les voix.

 

4ème circonscription : le scrutin avec le moins d’adversité

 

La candidature d’Emeline K/Bidi est au cœur d’une dispute entre les deux plateformes de gauche. C’est donc seulement avec le soutien du camp PLR/LFI qu’elle tentera de récupérer son écharpe.

Emeline K/Bidi sera la députée sortante avec le moins d’adversaires (5). David Lorion, candidat malheureux en 2022, tentera de nouveau sa chance. Il n’aura pas son étiquette LR, ayant quitté le parti suite à l’annonce de l’alliance avec le RN, mais sera soutenu par Michel Fontaine et Serge Hoareau.

Jonathan Rivière remplace Annie-Claude Dite Saphia Boucher qui avait terminé troisième au premier tour en 2022 pour le RN. Le parti a obtenu près 10.000 voix sur la circonscription qui a le plus voté aux Européennes.

D’autres candidats sont en lice : Imrhane Moullan, opposant de droite à St-Pierre ; Serge Latchoumanin, de Lutte ouvrière ; Martine Dijoux, pour Reconquête.

 

Législatives : Les enseignements des Européennes, circonscription par circonscription

 

5ème circonscription : l’Est, territoire très contesté

 

La cinquième circonscription s’étend sur sept communes aux couleurs politiques très différentes, ce qui complique les calculs savants politiques.

C’est dans ce contexte difficile que Jean-Hugues Ratenon est présente à nouveau. Il n’aura pas le soutien du camp Bareigts qui lui oppose même la candidature d’Anne Chane-Kaye-Bone Tavel.

Le député LFI avait obtenu le soutien de Johnny Payet en 2022 au second tour. Le RN aura cependant l’intention de voir son candidat, Joan Doro, s’imposer sur la circonscription où le parti d’extrême droite a réalisé son plus haut score aux Européennes.

De nombreux autres candidats seront en lice : Jean-Dominique Ramassamy, Jean-Yves Payet, Alexandrine Duchemann Araye, Jérémy Laup, Léopoldine Settama-Vidon et Jean-Paul Limbe.

 

6ème circonscription : match retour ?

 

Le député sortant, Frédéric Maillot, n’aura pas rassemblé toutes les plateformes de gauche derrière lui. Le camp Bareigts soutient Alek Laï-Kane-Cheong, son ancien frère d’armes, contre lequel il s’est retrouvé an duel au second tour.

À noter aussi, la candidature de Mario Lechat, issu de la majorité municipale à Sainte-Marie. Là encore, les prochaines échéances locales sont au cœur des préoccupations des politiciens, et pas qu’à gauche.

Valérie Legros repart au combat pour le RN et espère que la montée de l’extrême droite lui permettra cette fois de passer la barre des 10%. Christine Pounia représentera, elle, Reconquête.

Nadia Ramassamy sera aussi de la partie, tout comme Johnny Adekalom et Didier Lombart.

 

7ème circonscription : les stars de la politique au rendez-vous

 

Perceval Gaillard est le dernier des députés sortants à être soutenus par l’ensemble des partis de gauche. Une union importante derrière sa candidature dans une circonscription où sont engagés des ténors de la politique.

L’ancien député-maire, Thierry Robert, qui a échoué de peu en 2022, sera de nouveau dans les starting-blocks. Il ne sera pas le seul ancien élu à prendre part au scrutin.

Jean-Luc Poudroux, élu député en 2017, n’était pas candidat en 2022. Il avait été évincé de la plateforme de l’union de la droite et des centres après s’être rapproché de l’extrême droite. En 2024, il est le candidat du RN.

Un autre grand nom de la politique sera présent : l’ancien maire de Saint-Louis, Cyrille Hamilcaro.

Les autres candidats sont Karim Juhoor, Isaline Tronc, Jean-Luc Payet, Sandrine Moukine, Nathalie Deboisvilliers et Richelain Catherine.

 

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