Des Mauriciennes emmenées illégalement à La Réunion pour se prostituer

Un homme et une femme étaient devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis ce vendredi. Lui, un Mahorais de 37 ans. Elle, une Mauricienne de 36 ans. Tous deux seront jugés en comparution immédiate, accusés de proxénétisme.
Les faits sont récents : depuis octobre dernier, quatre Mauriciennes emmenées illégalement sur le territoire réunionnais, recevaient leurs clients dans un appartement aux Camélias à Saint-Denis. Elles rapportaient au prévenu, entre 300 et 400 euros par jour, par prostituée. La somme à payer pour leur hébergement, nourriture, etc. Et depuis le 3 février, deux autres Mauriciennes se sont mises à travailler dans un deuxième appartement. Pour celles-ci, il prenait 50 euros par jour.
C’est avec l’aide de l’autre prévenue que les femmes arrivaient à La Réunion. Son rôle : trouver les femmes à Maurice et les convaincre de venir avec une promesse de 1200 euros par mois. La trentenaire est aussi en situation irrégulière à La Réunion. C’est d’ailleurs à cause d’une alerte de la police des frontières que le réseau a pu être découvert.
Le plus étonnant est le profil des prévenus. L’un est un père de trois enfants sans casier judiciaire qui travaille dans un supermarché et exerce le métier d’entraîneur sportif. Ses revenus sont de l’ordre de 1500 euros par mois. Il a pu expliquer brièvement qu'il s'agissait de "conneries" dont la cause aurait été le remboursement d'un emprunt pour une voiture. La femme est aussi mère d’un fils à Maurice et était jusqu’à présent inconnue de la justice. Elle reversait à son complice 150 euros de loyer.
Les prévenus n’ont pas pu être jugés ce vendredi à cause de la grève des avocats. Le procès a été renvoyé au 27 mars. Ils restent en détention provisoire jusqu’à cette date.


