Violences conjugales: "Elle hurlait comme si elle allait mourir"

"Il doit réaliser à quel point les violences conjugales sont dangereuses", a affirmé la procureure ce vendredi devant le tribunal correctionnel. Pour le moment, ce n’est certainement pas le cas. Alors que des femmes meurent tous les trois jours en France, J.M, 30 ans, garde cette mauvaise habitude.
Jugé en comparution immédiate pour des faits de violences sur sa compagne qui remontent à novembre décembre et janvier, il conteste. C’est lui qui serait séquestré chez sa belle-mère et battu par sa copine alcoolique. Les hématomes et l’œil au beurre noir ? "Quand elle est saoule, elle se cogne contre les meubles" et "On se bat, je me défends".
Mais le 28 janvier, les voisins voient une femme courir dans la rue en criant. "Elle hurlait comme si elle allait mourir", témoigne une dame. En effet, la victime raconte avoir reçu des coups aux jambes, avoir tenté de s’enfuir une première fois, mais avait été rattrapée puis tirée par les cheveux jusqu’à la maison. Puis une deuxième tentative, mais elle est traînée à nouveau jusqu’au garage. La troisième fois est la bonne, elle se cache et attend sa mère. Cette dernière, également victime, raconte avoir subi des insultes, menaces, une effraction, au long des années. Au bout de sept ans, elle ne veut plus le voir. Sa fille boit, certes, "mais s’il n’est pas là, elle est tranquille".
J.M est finalement condamné à 24 mois de prison, dont 12 avec sursis, ainsi que la révocation de deux autres peines de sursis – car en récidive – qui s’élèvent à 10 mois. Un total de 22 mois de prison ferme, l’obligation de soins et l’interdiction de se rendre au domicile ou de prendre contact avec les victimes.


