St-Paul veut recouvrer en douceur ses 10 millions d'euros de factures d'eau

Saint-Paul lance son AEB, comprenez "l'accompagnement éducatif budgétaire", auprès des familles étranglées par les factures d'eau.
Près de 10.000 abonnés sont concernés à Saint-Paul, qui compte 105.000 habitants. Depuis qu'elle a repris en main la gestion de l'eau (2010) et de l'assainissement (2007), la régie municipale La Créole traîne une ardoise d'impayés de 10 millions d'euros. Soit 10% des 100 millions encaissés depuis sa création.
Si aucune compagnie des eaux (qu'elle soit gérée par une collectivité ou mise entre les mains d'un délégataire de service public) ne connaît de situation de recouvrement parfaite de 100%, la nouvelle municipalité saint-pauloise veut créer les conditions pour une "responsabilisation" de tous. "Des solutions existent pour sortir du cercle vicieux de l'endettement", juge Audrey Fontaine, adjointe aux Affaires sociales et vice-présidente du CCAS.
Le maire se veut tout aussi déterminé. "L'AEB, un dispositif innovant", selon Joseph Sinimalé (président du CCAS), "c'est pour nous un outil performant qui doit régler définitivement le problème de l'eau mais on ne veut pas payer à la place des gens", annonce, déterminé, le maire de Saint-Paul.
Cette responsabilisation a pour corollaire le principe de la non coupure de l'eau comme cela pouvait se produire au bout du bout des avertissements. "Il faut d'abord discuter, trouver des solutions avec les familles", croit Joseph Sinimalé.
Pour y arriver, trois partenaires institutionnels sont désormais engagés dans une même logique, celle d'un accompagnement social : la mairie via son CCAS, la Créole et enfin le Trésor Public. "Nous ne voulions pas travailler en électron libre", juge-t-il. Cette synergie des moyens ne pourra néanmoins être fructueuse sans la bonne volonté des familles elles-mêmes, préviennent le maire et son adjointe Audrey Fontaine.
Si les mauvais payeurs existent, d'autres abonnés rencontrent naturellement des difficultés pour régler leur note. A titre d'exemple, certaines familles traînent des dettes de 6.000 euros vis-à-vis du prestataire. 20% des abonnés de La Créole ont une dette à régulariser.
Fini les effacements d'ardoises juste avant les élections...
Depuis quelques jours, le CCAS a entamé ses premières entrevues. Déjà 200 familles ont été reçues mais pas toutes sont éligibles à cet accompagnement social. Sur les 200, 45 dossiers ont été étudiés puisque cet accompagnement répond à une grille de critères : avoir une dette supérieure à 500 euros à régler, que les impayés concernent la résidence principale et à usage domestique (les professionnels ne sont donc pas concernés). Enfin, que les foyers répondent au plafond de ressources de la CMU.
Aucune estimation du nombre de familles potentiellement concernées n'est pour l'heure possible, encore moins le volume du recouvrement attendu. Le maire répète qu'il n'y aura pas d'effacement de dette. Il faut dire que Saint-Paul a connu des épisodes fâcheux en la matière. Les familles concernées par des impayés ne seront pas convoquées mais la régie La Créole les "orientera vers le CCAS pour que leur dossier soit étudié", indique le directeur par intérim Patrick Pellegrini.
Une fois reçue au CCAS, la famille aura la possibilité de s'engager dans un contrat de projet. A charge ensuite à la commission AEB d'étudier chaque dossier pour la mise en place d'un échéancier qui soit financièrement tenable pour l'abonné.



