François Hollande et Jean-Marc Ayrault jouent aux apprentis sorciers

"Le gouvernement Ayrault est adapte du tango : un pas en avant, deux pas en arrière"... Rendons à César ce qui appartient à César. L'expression n'est pas de moi ni d'ailleurs d'André Thien-Ah-Koun, qui l'a reprise ce matin dans notre émission Point de Vue sur Antenne Réunion Radio, mais je la reprends volontiers à mon compte...
Voilà quand même un drôle de gouvernement ! Alors même que François Hollande nous avait promis qu'il n'y aurait pas d'impôts supplémentaires en 2014, que Jean-Marc Ayrault avait de son côté affirmé que les augmentations épargneraient les classes moyennes, il ne se passe plus de semaine sans qu'on n'apprenne une nouvelle taxe. La semaine dernière a de ce point de vue battu des records : on a appris en quelques jours une nouvelle taxe sur les boissons énergisantes, la prochaine entrée en fonction de l'écotaxe et l'augmentation à un taux ahurissant des taxes sur l'épargne (PEA, PEL et assurances-vie)... Épargne qui, rappelons-le au passage, a déjà subi tous les impôts possibles et imaginables (TVA, impôts sur le revenu, etc...) avant d'atterrir sur un contrat d'assurance-vie ou un PEA.
Résultat : on assiste actuellement à une montée irrésistible du ras-le-bol fiscal, dont la dernière manifestation visible s'est produite vendredi en Bretagne, pour protester contre l'écotaxe. Et d'une façon plus générale, les Français sont vent debout contre la réforme annoncée de l'assurance-vie, l'investissement préféré des Français.
Le gouvernement bas donc retraite en rase campagne : il a déjà annoncé qu'il allait sortir les PEA et autres PEL du cadre de la réforme fiscale, que l'on allait créer un nouveau produit d'assurance-vie qui sera, promet-il, plus intéressant que les anciens. Et on s'attend à ce qu'il annonce dans les heures qui viennent un report, voire même un abandon total de l'écotaxe.
Tout cela donne une désagréable impression d'amateurisme. Mais, beaucoup plus grave, le lien de confiance entre l'Etat et les épargnants semble rompu. Et la pire catastrophe qui puisse advenir à ce gouvernement serait que les Français décident de retirer l'argent de leurs contrats d'assurance-vie pour le mettre sous leurs matelas, ce qui aurait pour effet de gripper toute l'économie.
Sans compter que de plus en plus de contribuables commencent à évoquer l'idée d'une grève du paiement des impôts...


