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Violences conjugales, pistolet, zamal : Trois raisons de finir en détention

Un jeune homme comparaissait ce vendredi devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de violences sur sa compagne. Lors de son interpellation, il était en possession d'une arme de poing, de munitions et d'un gramme de zamal.
Ecrit par Régis Labrousse – le lundi 6 février 2023 à 11H08

Comme souvent, l'audience de comparution immédiate avait à juger des faits de violences. Si le prévenu en reconnait une partie, la victime n'est pas, cette fois, une proie à la merci de son prédateur. "Vous savez qui est la victime ?", demande la défense. "Je vais vous le dire. Il s'agit d'une grande sportive. Si elle veut, elle le pulvérise. Pour tout vous dire, c'est elle qui m'a demandé de le défendre. Elle le dit elle-même dans cette lettre qu'elle a écrite à votre attention, ce sont des violences réciproques, que des ralé-poussé". 

Jules A., 29 ans, s'évertue à expliquer la même chose, insistant sur la jalousie maladive réciproque du couple. À ce propos, le procureur lui fait la remarque : "Vous l'avez textée 37 fois au cours d'une seule soirée alors qu'elle était au restaurant avec une amie. Elle explique quand elle sort qu'elle doit vous appeler en visio pour que vous pussiez voir avec qui elle est, vous trouvez ça normal ?".

"Elle aussi elle est jalouse et elle aussi, elle me tape. Elle a son caractère. Je reconnais que je l'ai bousculée mais j'essaye de me défendre comme je peux. C'est aussi à cause de l'alcool", répond le prévenu au tribunal. La victime reconnait cette version dans la lettre qu'elle a écrite à l'attention du président.

Son casier fait état de 8 mentions dont 4 pour des violences

Outre les violences, Jules A. doit aussi répondre de transport et détention de l'arme retrouvée dans sa voiture. Il explique qu'il fait du tir sportif en club et que suite à une interdiction du tribunal, il ne savait pas quoi en faire : "Les armes, c'est une passion.  Je l'ai mise dans la voiture car elle ne voulait pas de ça chez nous", indique le prévenu qui comparait en état de récidive pour les violences pour avoir été condamné en avril 2022. Il s'en était pris à son ex-compagne. Son casier fait état de 8 mentions dont 4 pour des violences.

"Sa première condamnation est pour des violences avec arme et 10 ans plus tard, il est à nouveau poursuivi pour des violences et la détention d'une arme. Tout ce que la victime a dit est avéré même si elle reconnait avoir un fort caractère. Comme elle le dit, 'il n'a pas de limite'. Même en grade à vue, il use d'un subterfuge pour lui envoyer un texto et lui demander de retirer sa plainte. Il a un gros problème avec l'alcool. Il reconnait certes, mais il inverse les rôles", fustige le procureur qui requiert une peine de 2 ans de prison assortis d'un mandat de dépôt et une interdiction de contact. 

"Un homme ne se résume pas à son casier judiciaire", répond Me Jean-Jacques Morel. "On demande 2 ans pour une affaire qui mérite 2 mois. S'il n'avait pas ce casier, il ne serait pas là. Il s'agit de deux êtres qui sont mal dans leur peau, ce qui en fait une relation explosive. Vous jugez des violences réciproques, ce ne sont que des ralé-poussé. Les disputes sont le plus souvent verbales", conclut la robe noire après lecture de la lettre de la victime.

Le tribunal condamne finalement le prévenu à 18 mois de prison ferme et ordonne son incarcération. 

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