Vidéo - "L'héritage du SYDNE" pousse la Cirest à instaurer de nouvelles taxes

La Cirest ne pourra pas échapper à la nécessité d'augmenter ses taux de fiscalité
Ce conseil a débuté par le remplacement de Michel Vergoz par son premier adjoint à Sainte-Rose Dominique Panambalom à la première vice-présidence de l'intercommunalité. Pour rappel, le maire de Sainte-Rose avait annoncé sa démission d'élu communautaire de la Cirest le 15 septembre dernier, entraînant de facto son départ de la présidence du SYDNE. Un coup de tonnerre qui rebat les cartes d'un duel déjà électrique entre la Cinor et la Cirest pour la gestion du syndicat mixte.
Son successeur au sein de l'intercommunalité, Dominique Ponambalon, a rendu un vibrant hommage à l'édile sainte-rosien assurant être "dans la continuité" de ce dernier. "L'homme n'est pas le même mais depuis l'âge de 16 ans il est venu me chercher et depuis on ne s'est plus quitté. C'est mon mentor politique. Il continuera son investissement à Sainte-Rose (...) C'est avec détermination et responsabilité que je viens à vos côtés", a déclaré ému le nouveau n°2 de la Cirest.
Michel Vergoz démissionne de la Cirest et quitte la présidence du Sydne
Avec le départ acté de Michel Vergoz de la communauté d'agglomération, "c'est une page qui se tourne au sein de notre collectivité" déclare pour sa part Patrice Selly. Le président de la Cirest a rappelé que le maire de Sainte-Rose était présent lors du premier conseil communautaire de l'EPCI en 1998. "Je tiens à saluer le courage de Michel qui est un des rares responsables politiques de l'île à avoir mis en oeuvre ce renouvellement de la classe politique", salue-t-il.
Autre moment fort de ce conseil communautaire : l'instauration de nouvelles taxes pour les administrés à compter de 2023. La Cirest fera face cette année à une hausse de ses charges de plus de 10% soit plus de 6 millions d'euros, en raison notamment de "l'héritage du Sydne" explique Patrice Selly. "Ce marché, signé par la gouvernance du Sydne de l'époque, a fait l'objet cette année d'une résiliation judiciaire par la cour administrative de Bordeaux. Néanmoins, ce marché ne sera résilié qu'en 2026 mais d'ores et déjà il impacte de manière très grave et très lourde les finances de notre collectivité" explique le président de la Cirest pour justifier la mise en place de la taxe Gemapi.
Virapoullé et Maillot s'écharpent autour d'un contrat de 250 millions d'euros
Cette taxe permettra notamment à l'EPCI de pérenniser le plan de gestion de la Mare à Poule d'eau, de la Rivière du Mât (une étude est actuellement en cours pour près de 900 000 euros), le radier de l'îlet Coco ou encore l'endiguement de la digue de la Rivière des Roches.
Outre l'instauration de cette taxe, la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) sera également officiellement mise en place avec un taux de taxation de 2%. De son côté, la taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM) sera désormais accompagnée d'un coefficient multiplicateur de 1,05 à compter de janvier prochain. La Cirest précise que les établissements dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 460 000 euros seront exonérés de la TASCOM.
"Face à la réalité des chiffres, nous ne devons pas subir avec fatalisme et pessimisme, nous sommes capables de pragmatisme", poursuit Patrice Selly. Si ces mesures ont été adoptées à la majorité par les élus communautaires, ces derniers ont tout de même fait part de certaines réserves. À commencer par Daniel Gonthier, qui a rappelé que l'ancienne mandature avait repoussé la mise en place de la Gemapi. "Sur le fond, on a l'impression que nous sommes des béni oui-oui. Nous sommes acculés sur la Gemapi", regrette l'ancien maire de Bras-Panon, suivi par les élus communautaire de la majorité de Saint-André, qui se sont abstenus sur le vote de la TFPB et de la TASCOM. Jean-Marc Péquin demande à l'interco de "jouer sur la dynamique économique pour augmenter nos recettes sans toucher à la base".
Jean-Marie Virapoullé, voit lui dans l'instauration de ces nouvelles taxe, "un tournant dans l'histoire de la Cirest". "C'est une véritable douche froide à laquelle je m'attendais ayant suivi l'actualité au cours de la précédente mandature sur cette affaire du marché du SYDNE. Je rappelle aussi que le président de la Cirest de l'époque (NDLR : Jean-Paul Virapoullé) et l'ensemble de sa majorité n'avaient jamais cautionné cette faute politique grave, pêché originel qui consiste à attribuer un marché sans mise en concurrence de 243 millions d'euros. On aurait du donner un coup de pied dans la fourmilière et mettre l'Etat devant ses responsabilités", explique le chef de file des élus de l'opposition saint-andréenne.
Pour rappel, après une lutte judiciaire acharnée menée par la Cirest, la cour administrative de Bordeaux est allée dans le sens du tribunal administratif de Saint-Denis qui avait décidé de résilier le contrat attribué à la multinationale Suez (le marché des déchets étant attribué à sa filiale Inovest) mais cette annulation est à effet différé. Elle n'entrera en vigueur qu'en 2026.
Sydne : Jean-Paul Virapoullé a gagné, Gérald Maillot n'a pas perdu
"Aujourd'hui nous prenons des décisions graves qui nous retombent dessus en raison de cette affaire du Sydne. Nous n'avons pas fauté mais nous avons été aussi désignés par la population pour prendre des décisions", regrette le maire de Bras-Panon, Jeannick Atchapa, et ce même si ces mesures sont impopulaires.
S'il dit "partager" l'inquiétude d'une bonne partie de ses élus, Patrice Selly leur demande malgré tout de "faire preuve de responsabilité". "Faire preuve de responsabilité ce n'est pas voter ou s'abstenir, c'est d'être solidaire à l'égard de décisions difficiles. La solidarité doit fonctionner dans les deux sens", lance-t-il, non sans une pique envoyée aux élus de Saint-André, prenant l'exemple du TCSP de la ville. "Lors d'une commission d'appel d'offre, je me souviens que notre collectivité avait financé des infrastructures qui n'étaient pas prévues à la base. Nous avions malgré tout validé l'ensemble des travaux par solidarité. Aujourd'hui, vous venez nous dire que vous ne soutenez pas cette décision mais demain vous allez revenir et demander autre chose. J'ai du mal avec ça", conclut-il.


