Un ancien député réunionnais pourtant déjà condamné, décoré de la Légion d'Honneur

[Zinfos publie ce jour la liste des 7 personnalités promues dans l'Ordre de la Légion d'Honneur]urlblank:http://www.zinfos974.com/Legion-d-honneur-Les-Reunionnais-promus_a99265.html au titre de la promotion de Pâques. On y découvre que Wilfrid Bertile, ancien député de la Réunion, a été élevé au grade de chevalier.
Sur [le site officiel de la Légion d'Honneur]urlblank:http://www.legiondhonneur.fr/fr/page/la-legion-dhonneur-en-10-questions/108 , un questionnaire en 10 points explique aux Français en quoi consiste cet Ordre et qui peut y prétendre. Le point n°2 est particulièrement clair : "Pour entrer dans l’ordre de la Légion d’honneur, il faut remplir deux conditions préalables :
- La nationalité : seuls les citoyens français peuvent être admis dans l’ordre.
Les étrangers peuvent être distingués dans l’ordre de la Légion d’honneur mais n’en sont pas membres. - L’honorabilité : le futur légionnaire doit avoir un casier judiciaire vierge et une bonne moralité. Une enquête est effectuée pour s’assurer de la recevabilité des dossiers sur ces deux points".
Mes souvenirs de jeune journaliste alors que j'officiais à l'époque au Quotidien me rappellent pourtant que Wilfrid Bertile avait été condamné en 1988 pour ingérence. Le nouveau maire de Saint-Philippe en a d'ailleurs récemment rappelé le motif : "Pour s'être fait vendre à vil prix une parcelle de terrain détachée d'un ensemble plus conséquent lors de son acquisition par la mairie, alors même qu'il en était le Maire", et d'également rappeler qu'il n'avait "dû son salut qu'à la grâce présidentielle de son ami François Mitterrand".
La grâce présidentielle effacerait-elle donc la condamnation, ce qui expliquerait que Wilfrid Bertile ait pu être décoré, alors même qu'il avait déjà été condamné? La réponse, on la trouve sur [le site du gouvernement service-public.fr]urlblank:https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F780 : "La grâce présidentielle dispense un condamné d'effectuer l'intégralité de sa peine. Elle ne fait pas disparaître la condamnation".
Même si la prescription qui est de 20 ans en droit pénal français est opportunément venue "nettoyer" le casier judiciaire de Wilfrid Bertile, restera toujours l'obligation de "bonne moralité". Peut-on être considéré de "bonne moralité" après avoir profité de sa position de maire pour faire acheter une grande parcelle de terrain par un ami, puis s'en faire rétrocéder la plus belle partie, celle qui valait le plus cher car donnant sur la route, pour une bouchée de pain? Faits pour lesquels on a été condamné?
En donnant son feu vert à l'attribution de cette Légion d'Honneur, la Préfecture n'a-t-elle pas commis une faute?
Et Wilfrid Bertile aura-t-il le culot d'accepter cette décoration ou aura-t-il l'honnêteté de la refuser? On ne devrait pas tarder à le savoir.


