Trois détenus découpent les clôtures du centre de détention du Port

Il est un peu plus de 17h lorsque les surveillants du centre de détention à responsabilités du Port constatent la perforation de deux grillages successifs qui encerclent le centre. Les surveillants reviennent vers les dortoirs pour effectuer le contre-appel. Surprise, tous les détenus répondent présents. Mais les langues se délient et trois individus sont mis en cause.
Selon leur explication, ils auraient découpé les clôtures à l'aide d'une pince introduite de l'extérieur. Les trois hommes n'ont, selon leurs affirmations, pas voulu s'échapper -encore aurait-il fallu franchir le dernier rempart de barbelés voûtés que les trois évadés de janvier avaient réussi à sauter. A quoi bon prendre de tels risques pour ne pas s'évader ? L'établissement pénitentiaire soupçonne les trois téméraires d'avoir voulu récupérer des colis au contenu illicite (cachets et autres boissons) depuis l'extérieur.
A l'annonce de cette nouvelle entorse sérieuse à la sécurité du site, des personnels du centre confirment cette énième dérobade, déguisée pour faire passer des produits ? Les certitudes sur leur réelle motivation manquent. "Aujourd'hui, ils ont pu laisser passer une pince à découper, demain, avec un peu plus d'imagination et de meilleurs outils, rien ne les empêchera de franchir le dernier rempart, et quelque que soit sa hauteur, aussi impressionnante soit-elle".
La surprise n'est pas immense chez les professionnels du centre. "L'oisiveté s'installe parmi les détenus. Une vingtaine d'entre eux travaillaient encore il y a peu à l'extérieur en journée avant de rentrer le soir au centre. Ils ne sont plus que dix à bénéficier de ce programme de réinsertion. La nouvelle direction a tout sacrifié sur l'autel des économies", signalent-ils.
Alors que le centre de détention à responsabilités est spécifiquement aménagé pour accueillir des détenus proches de la sortie, les trois "découpeurs de grillages" ont été de nouveau placés au "quartier bas", c'est-à-dire la prison la plus restrictive. Ils y ont rejoint les trois évadés de janvier.



