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Tourisme : le Grand Raid tombe à pic pour relancer une fréquentation hôtelière au plus bas

Le second trimestre 2024 est sanctionné par une baisse de -4% du nombre de nuitées dans les hôtels et hébergements collectifs de l'île, selon les chiffres fournis par l'Umih. Un niveau plus bas que celui enregistré à la même période en 2019, avant la crise Covid.
Ecrit par T.L. – le vendredi 18 octobre 2024 à 15H39

Les vacances scolaires d'octobre lancent traditionnellement la saison touristique à La Réunion, avec le départ du Grand Raid en guise de coup d'envoi des activités. L'année 2024 ne devrait pas déroger à la règle, malgré la météo nuageuse qui préserve les concurrents et les spectateurs des insolations.

Un optimisme partagé par le président régional de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih). « Sur les six premiers mois de l'année, l'activité est mitigée, à cause d'une diminution de la capacité aérienne des sièges sur la destination, en plus des JO qui ont fait peser une incertitude. Les quinze premiers jours de juillet, on n'avait personne », témoigne Patrick Serveaux.

« Pour les trois derniers mois de l'année, on a beaucoup compté sur le Grand Raid et on voit que les gens sont là. Les mois qui viennent s'annoncent corrects en terme de réservations », rassure le représentant des secteurs des cafés, de l'hôtellerie, de la restauration et des établissements de nuit.

Selon les chiffres de l'Umih, « avec 338.000 nuitées enregistrées, la fréquentation touristique dans les hôtels et autres hébergements collectifs touristiques recule au 2è trimestre 2024 (-4 % de nuitées par rapport au même trimestre 2023). La fréquentation touristique repasse ainsi ce trimestre à un niveau inférieur à celui de 2019, avant la crise sanitaire de la Covid-19 (-2 % par rapport au 2e trimestre 2019). »

Le renouvellement des offres d'hébergement qui s'opère dans l'île constituera-t-il une réponse à la baisse de la fréquentation ? À en croire Patrick Serveaux, « 400 chambres vont s'ouvrir à La Réunion dans les trois prochaines années », alors même que la récente augmentation de l'offre (+4% de chambres offertes au second trimestre 2024) s'est accompagnée « d'une baisse du taux d'occupation (58 % ce trimestre, soit 5 points de moins) » selon les chiffres de l'Umih.

Baisse de fréquentation marquée dans les hôtels les moins chers

Mais la chute du pouvoir d'achat des foyers les moins aisés n'est sans doute pas étrangère à la baisse de fréquentation des établissements touristiques. Ainsi, « la fréquentation dans les établissements non classés et ceux classés 1 et 2 étoiles baisse de 12 % par rapport au 2e trimestre 2023, sous l'effet cumulé du recul de l'offre de chambres (-5 %) et du taux d'occupation (-6 points). Dans les établissements classés de 3 à 5 étoiles, elle est quasi stable (-1 %), en raison d'une hausse de l'offre de chambres (+8 %) », précise encore l'Umih.

Patrick Serveaux, qui affirme que les touristes dépensent chaque année à La Réunion 500 millions d'euros dans les secteurs des cafés, de l'hôtellerie et de la restauration (CHR), ajoute que la formation et l'embauche des personnels constituent l'une des priorités de son syndicat. Pour attirer les jeunes vers ces métiers réputés difficiles, chronophages et pas toujours bien payés, l'Umih a développé sa propre couverture santé et prévoyance, avec un volet amélioré sur la médecine douce et l'optique.

« À La Réunion, on applique la convention collective secteur CHR, avec 6 semaines de congés et une grille de rémunération au-dessus du Smic. Et le 2e échelon est automatiquement appliqué dès la deuxième année », souligne Patrick Serveaux.

Dans les prochaines semaines, l'Umih permettra à ses établissements d'embaucher des contrats Gadiamb, un dispositif de formation pour les moins de 26 ans éloignés du monde de l'emploi, avec un tutorat personnalisé pour chaque bénéficiaire. « C'est une démarche citoyenne, pas sociale », clame François Haquin, directeur régional d'Akto, qui affirme que  42% des quelque 400 jeunes embauchés avec un contrat Gadiamb depuis quatre ans ont enchaîné avec un contrat de travail.

Etiquettes : Grand Raid | Tourisme

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