Titres-restaurant : leur utilisation en supermarché officiellement pérennisée dès 2027

Le gouvernement vient d’acter la pérennisation de l’usage des titres-restaurant dans les supermarchés. Une réforme qui s’accompagne de mesures majeures dès 2027, dont la dématérialisation obligatoire et un projet de double plafond pour répondre aux critiques du secteur de la restauration.
C’est une annonce attendue par des millions de salariés. À compter du 1er janvier 2027, l’utilisation des titres-restaurant pour l’achat de produits alimentaires non immédiatement consommables en supermarché devient permanente. La ministre du Commerce et des PME, Véronique Louwagie, l’a officialisé ce mardi 17 juin, mettant fin à plusieurs années d’incertitude sur un dispositif prolongé jusque-là par des dérogations temporaires.
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Mis en place durant la crise sanitaire pour soutenir le pouvoir d’achat, cet élargissement de l’usage des titres-restaurant concernait depuis 2022 des produits de base comme le riz, les pâtes ou la farine. La mesure, largement plébiscitée — 96 % des Français y étaient favorables selon une enquête d’avril 2024 —, sera donc désormais pérenne.
Vers une réforme en profondeur des titres-restaurant
Cette évolution s’inscrit dans une réforme plus large. Première mesure forte : à partir de 2027, tous les titres-restaurant seront obligatoirement dématérialisés. La fin du format papier, souvent critiqué pour sa gestion complexe par les restaurateurs, permettra selon la ministre, de simplifier les usages pour les professionnels comme pour les bénéficiaires.
Par ailleurs, un "double plafond" d’utilisation est à l’étude. L’idée ? Fixer un montant plus élevé pour les repas au restaurant et un autre, plus bas, pour les courses en supermarché. Un compromis envisagé pour répondre aux critiques du secteur de la restauration qui estime que l’usage en grande surface détourne les titres de leur objectif initial.
Un secteur sous tension
Les professionnels de la restauration s’inquiètent depuis plusieurs années de cette extension. En janvier, lors de la prolongation du dispositif jusqu’à fin 2026, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) avait dénoncé un "mauvais coup porté aux restaurateurs". Le secteur redoute notamment une baisse de fréquentation et appelle à une refonte plus profonde du dispositif.
D’un point de vue économique, l’enjeu est de taille : selon la Commission nationale des titres-restaurant (CNTR), 76 000 emplois directs dépendent du dispositif dans la restauration, contre seulement 7 500 dans la distribution alimentaire. Chaque euro investi par les employeurs générerait 2,70 euros injectés dans l’économie locale.
Une proposition de loi en discussion
Dans ce contexte, le député écologiste Boris Tavernier a déposé en mai une proposition de loi qui pourrait transformer radicalement le paysage. Son texte prévoit la création d’une Agence nationale pour le titre-restaurant, sur le modèle de l’Agence des chèques-vacances. Celle-ci aurait le monopole de l’émission des titres, remplaçant les quatre sociétés privées qui se partagent actuellement le marché.
L’objectif : baisser les commissions imposées aux restaurateurs — actuellement entre 5 et 8 % — et réorienter les excédents vers la lutte contre la précarité alimentaire. Si cette réforme aboutit, elle pourrait également entrer en vigueur en 2027, marquant un tournant majeur dans l’histoire du titre-restaurant, né en 1967.
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