Taxe sur le rhum : la filière et le Département ouvrent le dialogue

Pour la première fois, les représentants de la filière rhum et du Département se sont rencontrés autour du projet de nouvelle taxation des alcools forts locaux. À l’issue des échanges, les professionnels évoquent une première étape « constructive » et l’ouverture d’un cycle de discussions devant aboutir à un plan global de lutte contre l’alcoolisme, sans fragiliser l’économie locale.
À l’issue d’une réunion de près de deux heures qui s'est déroulée ce mercredi après-midi 18 février au Département, les représentants de la filière rhum de La Réunion ont affiché un optimisme prudent. Demandée de longue date par la filière rhum, la rencontre faisait suite à plusieurs mois de tensions autour du projet de majoration facultative des droits d’accise sur les alcools forts consommés localement au profit du Département.
Une crainte rappelée le 11 février par la filière lors de la conférence de présentation du Salon international de l’agriculture, où les professionnels avaient alerté sur les risques d’une surtaxation des alcools locaux.
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Autour de la table ce jeudi après-midi : les représentants de la filière, emmenés par le président de la Réunion des rhums, Teddy Boyer, Philippe Labro, le président du syndicat du sucre, les conseillers départementaux Bruno Robert (à l'oeuvre pour permettre cette première réunion) et Adèle Odon (binôme de Cyrille Melchior), le DGS et le cabinet du Département.
A la sortie, le président de La Réunion des Rhums, Teddy Boyer, a salué l’ouverture d’un dialogue attendu depuis plusieurs mois."C’était la première réunion de travail suite à notre demande formulée début décembre. Nous avons pu exposer l’impact négatif qu’aurait cette taxe, qui serait désastreux pour la filière", explique-t-il.
Vers un plan global contre l’alcoolisme
Selon le représentant des rhumiers, les échanges ont permis de dépasser le seul cadre fiscal pour envisager une approche plus large des enjeux de santé publique.
"Le Département a entendu les données macroéconomiques que nous avons présentées et nous nous sommes accordés sur une feuille de route commune. Plusieurs réunions réuniront l’ensemble des parties prenantes — rhumiers, importateurs, services de l’État, collectivités et parlementaires — afin de définir un grand plan de lutte contre l’alcoolisme à La Réunion." Une sorte de "remise à plat" de la stratégie actuelle.
Teddy Boyer insiste sur la nécessité d’une réponse globale : "On ne peut pas traiter ce problème uniquement par le prisme du rhum péi. Nous, acteurs responsables locaux, nous contribuerons aux actions à mettre en œuvre tout en préservant la filière."
Une taxation encore incertaine
Au cœur des préoccupations du secteur figure l’impact économique potentiel d’une hausse de la fiscalité. Le président de La Réunion des Rhums évoque un choc fiscal pouvant atteindre "jusqu’à 8 euros par bouteille", tout en précisant qu’aucun calendrier d’application n’a été fixé. Le Département s'est engagé à ne pas la mettre en oeuvre cette année, dans l'attente de la concertation à venir, sous réserve que l'amendement soit bien validé par le Conseil constitutionnel.
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"Le Département a rappelé que cette taxe est facultative. Tout va être remis à plat. Nous avons également souligné la nécessité de maintenir un différentiel entre le rhum produit localement et les produits importés afin de préserver l’emploi et une filière d’excellence qui fait vivre de nombreuses familles réunionnaises", poursuit le président du syndicat du rhum.
Une méthode jugée constructive
Si aucune décision immédiate n’a été arrêtée, la filière estime avoir obtenu des garanties sur la méthode de travail et le calendrier.
"Nous sommes confiants dans la démarche engagée. Cette réunion a permis de clarifier les positions et de poser les bases d’un plan de bataille contre l’alcoolisme qui devra être élaboré tout au long de l’année 2026, tout en préservant une filière emblématique de La Réunion", conclut Teddy Boyer.
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La concertation doit se poursuivre dans les prochains mois, avec l’objectif affiché de concilier enjeux de santé publique et préservation du tissu économique local.


