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Trois-Bassins : direction prison pour le père qui touchait ses filles

Ecrit par Gaetan Dumuids – le jeudi 16 juillet 2026 à 12H19

Un père de famille a été jugé ce mercredi 15 juillet en comparution immédiate au tribunal de Saint-Pierre pour des faits d’agressions sexuelles incestueuses. Pendant leur adolescence, il pratiquait des « massages » contre la volonté de ses filles. Il a écopé d’une peine de 5 ans de prison, dont deux ferme.

C’est en septembre 2025 que la cellule départementale de recueil des informations préoccupantes reçoit un signalement d’une infirmière d’un lycée de l’ouest. Celle-ci évoque une élève, Karen*, qui s’est présentée pour avouer les attouchements que son père lui a faits le week-end précédent, mais également depuis ses 12 ans. Elle affirme que sa grande sœur, Elise*, a subi le même sort. Elise confirme.

José* est placé en détention provisoire dès août 2025. Entendu à plusieurs reprises, il avoue à moitié avant de nier les faits. Il change de version constamment, allant jusqu’à expliquer que la lettre au juge de l’application des peines où il avouait sa culpabilité était censée prouver son innocence.

Des victimes rejetées par leur famille

De leur côté, les filles restent constantes dans leurs déclarations, mais retirent leurs plaintes une à une. Et pour cause : elles sont rejetées depuis par leur mère et le côté paternel de la famille. On leur reproche d’avoir fait exploser la famille et d’avoir privé leur petit frère de son papa.

Elise, devenue majeure depuis, est partie vivre ailleurs. Karen, toujours mineure, a été placée. Mais si elles auraient préféré que l’action judiciaire s’arrête, le parquet de Saint-Pierre a maintenu les poursuites.

Face aux juges, José a maintenu qu’il n’avait rien fait de mal et qu’il ne comprenait « pas ce qu’il se passait dans leur tête ». Il avoue avoir fait des massages lorsqu’elles avaient mal après le sport, mais rien « de désir sexuel ». Les magistrats lui font remarquer que les témoignages et les comportements — l’une se scarifiait — et l’état anxio-dépressif des filles sont typiques des symptômes d’enfants victimes d’agressions sexuelles.

La pression familiale dénoncée par l’avocate des victimes

« Ce sont deux jeunes victimes mises au ban. Leur mère soutient aveuglément son mari et elles ont la culpabilité d’avoir brisé la famille. Je pense que la pression a été familiale », souligne Me Delphine Savigny, qui représente les intérêts de Karen au nom de l’Arajufa. Elle demande 10 000 euros pour le préjudice moral.

« Je voudrais que la culpabilité change de camp. Elle n’est pas responsable de ce procès. Elle n’est pas responsable s’il est en prison. Elle n’est pas responsable si son frère va grandir sans son père. S’il y a un responsable ici, c’est lui », tance la représentante du ministère public, qui requiert une peine de 5 ans de prison, dont trois ans assortis d’un sursis probatoire de deux ans.

La défense plaide des réquisitions excessives

« Il varie dans ses déclarations. Il est gros doigt », estime de son côté le bâtonnier Georges-André Hoarau, qui défend José. Selon lui, si son client a plusieurs versions, c’est que son client disait tout et n’importe quoi pour sortir de prison. Après avoir rappelé plusieurs condamnations pour des faits similaires, il trouve « les réquisitions excessives ».

Le tribunal va finalement suivre les réquisitions en ordonnant son maintien en détention. Il se voit retirer son autorité parentale et est inscrit au Fijais, le fichier des délinquants sexuels.

*Prénoms d'emprunt

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