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Chiens errants : l'abattage autorisé en Outre-mer fait bondir les associations

Ecrit par Zinfos974 – le jeudi 16 juillet 2026 à 07H48

Un amendement voté au Sénat pourrait permettre l'abattage de chiens errants et divagants dans les territoires ultramarins. Alors que le texte doit être examiné ce jeudi 16 juillet en commission mixte paritaire, la Fondation 30 Millions d'Amis appelle les parlementaires à supprimer cette disposition.

La mesure ne passe pas. En Outre-mer, l'idée d'autoriser des "opérations de destruction" de chiens errants et divagants suscite la colère des associations de protection animale. Adopté par le Sénat dans le cadre du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, l'amendement n°604 concerne la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion et Mayotte.

Le dispositif prévoit que des lieutenants de louveterie, des agents assermentés ou des chasseurs requis par le préfet puissent intervenir pour prévenir et lutter contre les attaques d'animaux errants. Une réponse jugée dangereusement simpliste par la Fondation 30 Millions d'Amis.

"On ne traite pas un phénomène structurel par des abattages ponctuels", résume en substance Reha Hutin, présidente de la Fondation. Pour l'association, l'errance animale est avant tout liée aux abandons, au manque d'identification et à une stérilisation encore insuffisante. Autrement dit, tuer certains animaux ne ferait que laisser intact le problème de fond.

La divagation, symptôme d'un problème plus profond

Un rapport d'audit consacré à l'errance animale en Outre-mer, réalisé dans le cadre du Plan France Relance, apporte un éclairage important sur la situation. Les chiens véritablement errants ne constitueraient qu'une faible part des animaux présents dans l'espace public. La majorité serait composée d'animaux divagants, ayant ou ayant eu un propriétaire.

Un constat qui nourrit la contestation des associations locales. Pour elles, la priorité est ailleurs : stériliser davantage, développer les refuges et sanctionner plus fermement les abandons et les élevages clandestins. Des propositions qui figurent également parmi les recommandations du rapport d'audit.

Un appel aux parlementaires

La Fondation 30 Millions d'Amis demande donc à la commission mixte paritaire de revenir sur l'amendement sénatorial. "Il existe aujourd'hui suffisamment de recommandations (...) en faveur d'une gestion éthique des populations de chiens et de chats errants pour renoncer à la solution létale", plaide Lorène Jacquet, responsable des Affaires publiques de la Fondation.

L'association assure être consciente des difficultés rencontrées par les éleveurs et se dit prête à renforcer ses actions de stérilisation en Outre-mer pour contribuer à la protection des troupeaux.

La demande semble en tout cas trouver un écho dans l'opinion. D'après le Baromètre 2026 de la Fondation 30 Millions d'Amis, 66 % des Français se déclarent favorables à la stérilisation obligatoire des chiens et des chats domestiques. Reste désormais à savoir si les parlementaires choisiront, eux aussi, la prévention plutôt que la réponse létale.

Etiquettes : Errance animale | PU1

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