Aides aux carburants : ce rapport au vitriol étrille le dispositif du gouvernement

Dans un rapport présenté mercredi 15 juillet, le député socialiste Philippe Brun estime que les aides mises en place pour faire face à la hausse des prix des carburants n'ont pas atteint leur objectif. Le gouvernement réfute ces critiques et assure que plus d'un million de Français ont bénéficié du dispositif.
Les aides destinées à compenser la hausse des prix des carburants n'ont pas permis de protéger efficacement le pouvoir d'achat des Français. C'est la conclusion de la mission flash menée par le député socialiste de l'Eure Philippe Brun, dont le rapport a été rendu public mercredi 15 juillet.
Alors que les prix à la pompe repartent à la hausse sur fond de tensions au Moyen-Orient, l'élu estime que les mesures gouvernementales, et notamment l'aide de 100 euros destinée aux « grands rouleurs » aux revenus modestes, ont été insuffisantes.
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Selon lui, le dispositif souffre de critères d'éligibilité trop restrictifs, d'un montant trop faible et de démarches administratives trop complexes. « On a un taux de recours de seulement 24 %. L'aide a coûté à peine 70 millions d'euros », a-t-il déclaré sur RMC, jugeant que son impact sur le pouvoir d'achat est resté limité.
Philippe Brun reproche également au gouvernement d'avoir tardé à verser cette aide alors que les prix des carburants avaient déjà fortement augmenté. « On a arrosé du sable en vérité, on n'a pas aidé les gens à défendre leur pouvoir d'achat », a-t-il lancé.
Une fiscalité « flottante » proposée
Dans son rapport, le député compare la politique française à celle de l'Espagne, qui a consacré plusieurs milliards d'euros au soutien des automobilistes via une baisse de la fiscalité sur les carburants.
Il plaide ainsi pour la mise en place d'une fiscalité « flottante », qui permettrait d'abaisser automatiquement les taxes lorsque les prix à la pompe augmentent, puis de les relever lorsque les cours reculent.
Le gouvernement assume le dispositif
Le gouvernement conteste toutefois les conclusions du rapport. Invitée sur BFMTV/RMC, la ministre déléguée à l'Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a défendu un dispositif qu'elle juge efficace.
Selon elle, 1,1 million de Français ont perçu l'aide aux grands rouleurs, soit près de 40 % des personnes éligibles, un chiffre plus récent que celui retenu dans le rapport parlementaire.
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« On a assumé qu'il faille une démarche volontaire pour toucher cette aide », a-t-elle expliqué, avant de dénoncer des critiques « à côté de la réalité ». La ministre a également estimé que qualifier le dispositif d'échec revenait à être « extrêmement méprisant pour le plus de 1,1 million de Français » qui en ont bénéficié.
Prolongée jusqu'à la fin du mois de juillet, l'aide fera l'objet d'un bilan à son échéance, a indiqué Maud Bregeon, alors que l'évolution du conflit au Moyen-Orient continue d'alimenter les incertitudes sur les prix du pétrole et des carburants.


