LBU : le Département veut accélérer le versement de 2,4 millions d'euros pour sept opérations de logements

Face à la baisse annoncée de la Ligne budgétaire unique (LBU), le Département de La Réunion annonce vouloir renforcer son soutien aux bailleurs sociaux en finalisant le versement d'une participation exceptionnelle de 2,4 millions d'euros.
Alors que les récentes annonces gouvernementales sur la réduction de la Ligne budgétaire unique (LBU) suscitent de vives inquiétudes pour le logement social, le Département de La Réunion affiche sa volonté de soutenir les opérations en cours. La collectivité rappelle que plus de 50.000 demandes de logements sociaux sont actuellement en attente sur l'île.
Dans ce contexte, le Département indique avoir demandé à ses services de finaliser le paiement d'une participation exceptionnelle destinée aux bailleurs ayant engagé des opérations de réhabilitation. Cette enveloppe concerne sept opérations, représentant plus de 340 logements, pour un montant total de 2,4 millions d'euros.
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"Ce qui nous manque, c'est les financements, de la visibilité sur la LBU", a déclaré Cyrille Melchior, président du Département de La Réunion, à l'issue d'une mobilisation des acteurs locaux du logement. L'élu entend porter le dossier "au plus haut niveau de l'État" et prévoit notamment de rappeler au Premier ministre le poids du logement dans l'économie locale et le secteur du BTP.
Une baisse de la LBU dénoncée
Pour le Département, la réduction annoncée des crédits de la LBU intervient au "plus mauvais moment". La collectivité estime avoir profondément modernisé sa politique d'amélioration de l'habitat ces dernières années. Les équipes, les procédures et les partenariats nécessaires à la montée en puissance du dispositif seraient désormais opérationnels.
Le Département indique notamment avoir financé 300 dossiers d'amélioration de l'habitat en 2025 et estime désormais pouvoir atteindre une capacité de traitement de 600 dossiers par an, sous réserve du maintien des crédits de la LBU. La collectivité affirme ainsi avoir doublé sa capacité d'intervention.
Selon le Département, une baisse des crédits fragiliserait également l'activité des entreprises du bâtiment, des artisans, des maîtres d'œuvre et de l'ensemble de la filière de la construction.
Les maires dénoncent "une injonction contradictoire"
Présent aux côtés du Département et de l'ARMOS-OI, le président de l'Association des maires de La Réunion, Serge Hoareau, a souligné la place centrale de la question du logement dans les préoccupations des habitants.
"La problématique du logement arrive quasiment en première position dans certaines communes, parfois même devant le sujet de l'emploi", a-t-il expliqué. Il dénonce une "injonction contradictoire" de l'État, qui demande aux communes de respecter les objectifs de la loi SRU tout en diminuant, dans le même temps, les crédits de la LBU.
Selon Serge Hoareau, les acteurs réunionnais sont aujourd'hui en mesure de présenter plus de 70 millions d'euros de projets d'opérations, correspondant à environ 1.800 logements. "Dans le même temps, l'État dit que pour l'ensemble des territoires ultramarins, l'enveloppe LBU est à 27 millions", a-t-il relevé, estimant qu'il existe un "décalage entre la réalité du terrain et les décisions qui sont prises au niveau parisien".
Le président de l'AMDR estime par ailleurs que les 2,4 millions d'euros débloqués par le Département permettront aux bailleurs sociaux de terminer des chantiers de réhabilitation déjà engagés. "Quand on vient aussi réhabiliter, améliorer le logement social qui est déjà existant, c'est aussi redonner à la population (...) des conditions dignes pour pouvoir faire vivre leur famille", a-t-il souligné.
Trois demandes adressées à l'État
Le Département demande à l'État de sanctuariser la LBU, considérée comme un outil essentiel de cohésion sociale et de développement économique pour La Réunion. La collectivité réclame également une visibilité pluriannuelle afin de permettre aux bailleurs, aux collectivités et aux entreprises de programmer leurs opérations et de sécuriser leurs investissements.
Enfin, le Conseil départemental propose de faire davantage confiance aux territoires, en permettant la délégation de la programmation et de la gestion d'une partie des crédits de la LBU relevant de ses compétences. Une évolution qui, selon la collectivité, permettrait une action plus réactive et mieux adaptée aux réalités locales.
Autour du Département, l'ARMOS-OI, l'Association des maires de La Réunion, la CCI Réunion, la CMA Réunion et les bailleurs sociaux annoncent vouloir porter une parole commune auprès de l'État.
"Un logement digne est le premier facteur de stabilité d'une famille, le premier espace d'autonomie et le premier lieu où se construit le lien social", estime le Département. À La Réunion, les acteurs du logement veulent désormais transformer leur mobilisation en rapport de force. Reste à savoir si l'État entendra l'alerte lancée depuis l'île face à une crise du logement qui, elle, ne cesse de s'aggraver.


