Conservatoire du littoral : Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon dénoncent un passage en force

Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon ont adressé un courrier commun à la ministre de la Transition écologique au sujet de la situation à la Pointe au Sel, à Saint-Leu. Les deux députés demandent à l’État de se pencher sur le litige opposant la commune au Conservatoire du littoral après la démolition d’une maison.
Le dossier de la Pointe au Sel remonte jusqu’au gouvernement. Les députés Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon ont écrit à Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, afin d’attirer son attention sur la situation à Saint-Leu.
Dans leur courrier, les deux parlementaires rappellent le rôle du Conservatoire du littoral, établissement public chargé de mener une politique foncière de sauvegarde des espaces littoraux et de protection des sites naturels. À La Réunion, l’organisme maîtrise aujourd’hui 22 sites, dont celui de la Pointe au Sel.
C’est précisément sur ce secteur qu’un conflit est apparu entre la mairie de Saint-Leu et le Conservatoire du littoral. Le différend porte sur la démolition d’une maison. Selon les députés, la commune conteste la légalité de cette destruction, estimant ne pas avoir été informée et pointant l’absence de solution de relogement pour les personnes concernées.
“Protéger n’est pas déposséder”
Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon ne remettent pas en cause la mission de protection du Conservatoire, mais insistent sur la méthode. Ils estiment que la protection des espaces naturels ne doit pas se faire sans concertation avec les habitants et les collectivités locales.
“Protéger n’est pas déposséder”, écrivent-ils dans leur courrier, en appelant à associer davantage la population et ses représentants aux décisions prises sur ces sites sensibles. Les deux députés considèrent que les collectivités ne peuvent pas être mises devant le fait accompli, d’autant que ce sont elles qui doivent ensuite répondre aux inquiétudes ou à la colère des habitants.
Les députés demandent une prise en compte des réalités locales
Les parlementaires demandent donc à la ministre de “regarder de plus près” ce dossier, en tenant compte de la situation sociale et économique de La Réunion. Ils estiment que les spécificités locales doivent être mieux prises en compte par les services de l’État et affirment que “le passage en force n’est pas une option”.
Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon se disent également disponibles pour rencontrer la ministre afin d’évoquer plus largement les relations entre les services de l’État, les collectivités réunionnaises et la population. Pour les deux députés, une telle situation ne doit pas se reproduire sur le territoire.


