Taxation de la publicité sur l’alcool : Audrey Belim fait basculer le Sénat

Le Sénat a adopté, à la surprise générale, un amendement porté par la sénatrice socialiste Audrey Belim, qui prévoit une taxation des publicités pour les boissons alcooliques. Ce vote, marqué par une alliance transpartisane inédite, intervient malgré l’opposition initiale du gouvernement et de la rapporteure.
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Dans son intervention, Audrey Belim a dressé un tableau alarmant de la situation sanitaire à La Réunion. L’île enregistre un taux de mortalité lié à l’alcoolisme de 68,3 pour 100.000 habitants, bien supérieur à la moyenne nationale (49,2). Chaque année, près de 600 décès sont directement imputables à cette problématique. "Les conséquences de ce fléau sont dramatiques : violences intrafamiliales, accidents de la route, syndrome d’alcoolisation fœtale", a martelé la sénatrice socialiste, s’appuyant sur des chiffres fournis par Santé Publique France.
Elle a également rappelé les observations des sénateurs socialistes qui s’étaient rendus à La Réunion en avril dernier, qui avaient visité le service d’addictologie du CHU de l’île et qui avaient vu "un contexte sanitaire alarmant".
Une mesure qui cible la publicité, pas la production
L’amendement adopté instaure une taxe sur les dépenses publicitaires des entreprises produisant, important ou distribuant des boissons alcooliques, dès lors que leur chiffre d’affaires dépasse 2 millions d’euros. "Elle vise bien la publicité, et non la production d’alcool, préservant ainsi les entreprises réunionnaises produisant du rhum : cet amendement n’est pas contre elles. Il est contre l’alcoolisme", a précisé Audrey Belim.
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Les fonds collectés grâce à cette taxation seront entièrement dédiés à la prévention et à la lutte contre les addictions. "Il ne s’agira pas d’abonder le budget de l’Etat en ces temps de contrainte budgétaire mais bien de lutter contre les addictions", a-t-elle insisté.
Un vote transpartisan inattendu
Malgré l’opposition initiale du gouvernement et de la rapporteure, le vote a rassemblé des sénateurs de tous horizons politiques : socialistes, écologistes, communistes, centristes et républicains ont uni leurs voix pour faire adopter cet amendement. Ce consensus a même poussé la ministre de la Santé et la rapporteure à présenter leurs excuses pour leurs positions défavorables en début de séance.
"Ce vote, rare au-delà des clivages politiques, transcende les appartenances partisanes", s’est réjouie Audrey Belim. La sénatrice a salué "l’esprit républicain" de ses collègues et leur attention particulière aux enjeux de santé publique à La Réunion.
"Ce vote montre notre capacité - trop rare ! - à agir collectivement face à des défis sociétaux majeurs", conclut Audrey Bélim, qui ajoute que "la santé des Réunionnaises et des Réunionnais n'est pas négociable".


