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Anne-Claire Coré, sauvée par une donneuse allemande après une leucémie : "Inscrivez-vous, ça peut sauver une vie"

Ecrit par Gaetan Dumuids – le dimanche 4 octobre 2026 à 18H32

Atteinte d’une leucémie aiguë lymphoblastique diagnostiquée en 2021, Anne-Claire Coré a dû recevoir une greffe de moelle osseuse grâce à une donneuse compatible trouvée en Allemagne. Aujourd’hui en rémission, la Réunionnaise de 35 ans veut sensibiliser au don de moelle osseuse, encore trop méconnu.

Elle le dit avec calme, mais derrière chaque mot, il y a cinq années de combat, d’attente et d’incertitude. Anne-Claire Coré a aujourd’hui 35 ans, mais il aurait pu ne pas y avoir d’aujourd’hui. En janvier 2021, sa vie bascule lorsqu’on lui diagnostique une leucémie aiguë lymphoblastique.

La jeune femme doit alors être prise en charge pour cette maladie grave du sang. Aujourd’hui, elle est en rémission, mais ce miracle a dû passer par une étape décisive : une greffe de moelle osseuse.

“J’ai eu une immense chance”

Pour Anne-Claire Coré, aucun donneur compatible n’a été trouvé dans sa famille, ni à La Réunion. La compatibilité viendra finalement de beaucoup plus loin : d’une donneuse allemande inscrite sur les registres internationaux.

“J’ai eu la chance qu’on ait trouvé une donneuse”, raconte-t-elle. “Parce que parfois, même s’il y a un ou deux donneurs, on n’est pas sûr d’arriver jusqu’à la greffe.”

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La Réunionnaise mesure aujourd’hui ce que cette compatibilité représentait. Au fil des recherches, les possibilités se réduisent. Jusqu’au départ en métropole, rien n’est totalement acquis. “Jusqu’à la fin, on ne sait pas si on aura un don ou pas, et est-ce que ça va fonctionner, parce que rien n’est sûr à 100 %.”

À l’époque, elle doit quitter La Réunion pour recevoir la greffe. Une épreuve supplémentaire, loin de son île, dans un contexte déjà bouleversé par la maladie.

La maladie pendant le Covid

Le diagnostic tombe en 2021, en pleine période de pandémie. Le Covid rend le parcours encore plus éprouvant. Après une greffe et face à une maladie comme la leucémie, le risque infectieux impose déjà une grande prudence. Avec le virus, cette vigilance devient encore plus lourde.

“Il fallait faire encore plus attention, surtout ne pas attraper le Covid, et surtout pas attraper tout le reste”, se souvient-elle. “Moi, j’étais dans une bulle, je ne sortais pas.”

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Même lorsqu’elle n’est pas hospitalisée, Anne-Claire limite au maximum ses déplacements. La maladie isole, la pandémie renforce encore cet isolement. Mais autour d’elle, sa famille et ses amis tiennent une place essentielle.

“C’est aussi ça qui fait qu’on tient le coup. Même si on n’a pas le moral forcément tout le temps, ça m’a beaucoup aidée d’avoir ma famille et mes amis auprès de moi.”

Un cap franchi, mais pas l’oubli

En juillet 2026, Anne-Claire Coré a franchi le cap des cinq ans, considéré comme le temps de la rémission. Pour elle, cette étape marque la rémission. Un soulagement immense, mais pas une disparition totale de l’inquiétude.

“C’est un cap validé, c’est un soulagement d’un côté”, confie-t-elle. “Mais même si on nous dit qu’il y a très peu de chances qu’il y ait des rechutes après cinq ans, on reste toujours en alerte.”

La maladie laisse aussi des traces. Anne-Claire Coré le dit simplement : elle n’est plus la même personne qu’avant. Dans son rapport à la vie, mais aussi dans son corps.

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“On change, c’est sûr. On voit les choses autrement, on sait que la vie ne tient qu’à un fil”, explique-t-elle. “On ne se prend plus la tête pour des futilités, et on essaye de profiter de la vie au maximum.”

Physiquement aussi, la greffe et les traitements ont laissé des séquelles. Fatigue chronique, douleurs aux mains, petits désagréments du quotidien : autant de rappels que la rémission n’efface pas tout.

“Je suis en rémission, mais je ne suis plus la même personne qu’avant ma maladie.”

“Rien n’est acquis”

Depuis ce parcours, Anne-Claire Coré se projette autrement. Il y a l’envie d’avancer, mais aussi cette conscience nouvelle que rien n’est garanti.

“Je me projette oui et non”, dit-elle. “Il y a cette forme d’incertitude. On ne sait jamais ce qui peut arriver.”

Les questions qui paraissaient simples avant la maladie prennent désormais un autre poids : construire une vie de famille, imaginer l’avenir, faire des choix. “Rien n’est acquis”, résume-t-elle.

Son message, lui, est très clair. Elle veut que l’on parle davantage du don de moelle osseuse, encore entouré de peurs et d’idées reçues.

“Inscrivez-vous en masse”

Anne-Claire Coré sait ce qu’un donneur peut changer dans une vie. Sans cette donneuse allemande, son histoire aurait pu être différente. C’est pour cela qu’elle appelle les personnes éligibles à s’inscrire sur les registres.

“Inscrivez-vous en masse, parce qu’on a besoin de vous”, lance-t-elle. “Ça peut sauver une vie.”

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Elle rappelle qu’une personne inscrite ne sera peut-être jamais appelée. Mais si elle l’est, elle peut devenir la chance d’un malade quelque part dans le monde. “Peut-être même que demain, c’est votre famille qui aura besoin de tout ça.”

Elle veut aussi combattre une idée reçue tenace : le don de moelle osseuse ne signifie pas nécessairement une intervention douloureuse dans le dos. Les progrès médicaux permettent aujourd’hui, dans certains cas, de prélever des cellules souches dans le sang.

“Il n’y a plus à avoir peur d’avoir mal”, insiste-t-elle.

Cinq ans après son diagnostic, Anne-Claire Coré porte encore les marques de la maladie. Mais elle porte aussi la preuve qu’un don peut offrir une suite à une histoire que l’on croyait suspendue.

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