La Réunion a-t-elle les structures adaptées pour la détention des mineurs ?

Publié par l'Observatoire international des prisons, un rapport sur les conditions de détention des mineurs dans toute la France pointe du doigt plusieurs dysfonctionnements. Des conditions de détention à l'accès à l'éducation, La Réunion est elle aussi mauvaise élève dans ce domaine.
En préambule de ce rapport, l'Observatoire international des prisons pose un peu de contexte. Là où dans notre société la question de la délinquance des mineurs occupe un débat vif, l'association s'est penchée sur les conditions réelles de détention des mineurs. Quelques chiffres sont également donnés : ainsi, au 1er août 2026, 817 mineurs étaient détenus dans toute la France, représentant 0,9 % de la population carcérale.
La première chose qui interroge l'OIP est la recrudescence du nombre d'adolescents de 13-15 ans incarcérés, qui représente 12 % des mineurs cette année contre 8,6 % en 2023. Pour La Réunion, on dénombre 10 adolescents en détention.
Pas de structures adaptées
À La Réunion, la prise en charge des mineurs incarcérés fait partie des situations documentées par l’Observatoire international des prisons. Dans son rapport consacré à la détention des 13-17 ans, l’association s’intéresse notamment aux conditions dans lesquelles ces adolescents sont détenus lorsqu'aucune structure adaptée n'est disponible.
Le rapport souligne que les jeunes filles constituent un cas particulier. Lorsqu’elles ne sont pas incarcérées dans un établissement pour mineurs ou dans un quartier spécialement aménagé, elles peuvent être placées dans les quartiers réservés aux femmes majeures. Une situation qui concerne notamment la prison de Saint-Denis.
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Sur l'île, le rapport cite ainsi le cas d’une adolescente de 17 ans incarcérée en 2024 au quartier des femmes de la prison de Saint-Denis, faute de structure adaptée. Initialement seule, elle a ensuite été rejointe par une autre adolescente de 16 ans. Les deux jeunes filles ne participeraient toutefois pas aux activités proposées aux femmes majeures.
Par exemple, l'une d'elles décrit un important temps passé en cellule. Chaque sortie nécessite de traverser les différents quartiers de la détention, avec des mesures de blocage des autres secteurs. La jeune fille n’était par ailleurs pas autorisée à travailler ou à suivre une formation. Sa scolarité se limitait à deux heures par jour, hors vacances scolaires.
Des difficultés croissantes
Le rapport de l’OIP met également en avant les différences entre la détention d’un mineur et celle d’un majeur au sein même de la prison de Saint-Denis. À sa majorité, la jeune femme citée dans le rapport a notamment pu accéder à davantage d’activités, à la promenade avec les autres détenues, à certaines sorties et au travail. Elle a également pu acheter des produits frais et cuisiner en cellule, ce qui lui était impossible jusque-là.
Au-delà des conditions de détention, l’OIP pointe aussi la question de la sortie de prison. Dans le cas cité ici à La Réunion, après huit mois de détention provisoire, la jeune femme explique avoir été peu préparée à sa sortie. Elle indique notamment ne pas avoir reçu le "kit de sortie" qui lui avait été annoncé et avoir dû compter sur l’aide de sa mère pour rejoindre l’aéroport.
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Le rapport souligne plus largement les difficultés liées à la prise en charge des adolescents incarcérés lorsque les structures spécifiquement destinées aux mineurs ne permettent pas de répondre à leur situation. Des conditions qui peuvent avoir des conséquences sur leur scolarité, leur accompagnement et leur préparation à la sortie. Pour rappel, sur notre île, il n'existe pas de structures réellement adaptées comme les EPM (établissements pour mineurs).


