Revenir à la rubrique : Faits divers

Cinq ans ferme pour un violent coup de planche sur la tête d’un Saint-Paulois de 67 ans

Ecrit par S.G. – le samedi 3 octobre 2026 à 16H21

A la suite d’une banale altercation survenue lors d’un repas en septembre 2024, un trentenaire saint-paulois avait frappé son voisin de 67 ans d’un violent coup de planche en bois derrière la tête. Si la victime s’en sort avec de lourdes séquelles, son agresseur écope de cinq ans de prison.

Une planche de bois d’1,06 mètre de long et pesant 2,5 kg. C’est l’objet qui a bien failli causer la mort d’un Saint-Paulois de 67 ans à l’occasion d’un repas auquel il avait convié plusieurs amis le 8 septembre 2024.

Parmi eux, Jean-Ken Mayot, un voisin de 36 ans invité à partager le cari et quelques verres d’alcool au passage. A un moment, la tension monte quand le propriétaire des lieux met en cause le trentenaire pour la disparition du sac à main d’une convive. Ne supportant pas d’être accusé à tort, ce dernier empoigne le sexagénaire par le col, alors que ce dernier a un couteau à la main et le lève pour se défendre.

Mais la scène ne va pas plus loin, le frère de l’hôte s’emparant de l’arme et séparant les deux hommes. Le calme semble revenu, mais Jean-Ken Mayot s’éloigne quelques instants. À son retour, il tient dans la main le lourd morceau de bois.

Pronostic vital engagé

Un coup violent est porté sur l’arrière du crâne de son hôte, qui tombe face contre terre dans une mare de sang. « Fracture du crâne, hémorragie cérébrale, orbite fracturée... Mon client a passé plusieurs jours dans le coma avec son pronostic vital engagé », énumère la partie civile. « Depuis, sa vie n’est plus la même, il a le crâne déformé, souffre d’un ralentissement psychomoteur et d’une faiblesse musculaire en lien direct avec le coup reçu », souligne l’avocate.

A la barre après deux ans de détention provisoire, le prévenu se dit « désolé. » Mais peine à convaincre quand il explique avoir agi « par peur », pour « (s)e protéger. »

« Vu votre corpulence et votre jeune âge, on a du mal à comprendre pourquoi vous vous en prenez à un homme plus âgé, moins costaud et de dos de surcroît », observe un assesseur. D’autant que l’attitude du trentenaire après coup étonne.

Alors que les invités s’affolent autour de la victime en sang, le prévenu repart chez lui et se livre à une petite mise en scène, déchirant son t-shirt et arrachant son collier avant de se rendre aux gendarmes en prétendant avoir reçu un coup de couteau.

Lire aussi : Dou, sabre et couteau... à Saint-Joseph, la soirée vire au chaos devant les enfants

"Très inquiétant"

Une version qu’il maintiendra tout au long de l’instruction, et de nouveau à la barre du tribunal vendredi 2 octobre.

« Très inquiétant quand on voit l’extrême violence de la scène et ses antécédents, avec une première lourde condamnation pour violences avec arme », observe la procureure en réclamant cinq ans de prison ferme, avec maintien en détention.

La défense met cependant en doute « les versions des témoins, qui étaient tous très alcoolisés et des proches de la victime. » Une victime « qui n’était pas un enfant de chœur et cherchait aussi la bagarre », affirme Me Chantal Laguerre en plaidant pour une peine « proportionnée », qui tienne compte « d’un partage des responsabilités. »

Demande écartée par le tribunal, qui condamnera Jean-Ken Mayot à la peine requise, assortie d’une interdiction de port d’arme et de contact avec la victime.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :