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Sport-santé à La Réunion : un plan pour désamorcer la "bombe à retardement" de la sédentarité

Ecrit par M.B – le dimanche 4 octobre 2026 à 09H34

L'Agence Régionale de Santé et la Drajes ont présenté ce mercredi 30 septembre 2026 la nouvelle Stratégie Régionale Sport-Santé 2026-2030. Face aux chiffres alarmants du diabète, de l'obésité et du vieillissement de la population, les autorités sanitaires et sportives entendent faire de l'activité physique un réflexe quotidien. Entre financements communaux, développement des maisons sport-santé et actions sur le terrain comme à La Possession, ce plan vise à transformer l'offre de soins de proximité.

Présentée ce mercredi 30 septembre, la Stratégie Régionale Sport-Santé 2026-2030 intervient dans un contexte sanitaire sous haute tension à La Réunion. Les statistiques épidémiologiques du territoire rappellent la sévérité des enjeux : un adulte sur dix est actuellement suivi pour un diabète, un habitant sur sept est en situation d'obésité, et seul un jeune sur dix pratique l'heure d'activité physique quotidienne recommandée.

Parallèlement, l'évolution démographique indique qu'un Réunionnais sur quatre sera âgé de 60 ans ou plus d'ici 2050, accentuant le risque de perte d'autonomie et de développement de pathologies chroniques.

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Élaborée à la suite d'une concertation ayant réuni plus de cent partenaires locaux, la nouvelle feuille de route s'inscrit dans la continuité directe de l'opération « Septembre Bouge ». Elle définit 12 actions prioritaires structurées autour de 8 axes stratégiques, avec l'ambition de faire de l'activité physique un réflexe santé à chaque étape de la vie.

"La compétition n'est plus le seul objectif"

Le délégué régional académique à la Drajes, Nicolas Vouillon, a dressé un diagnostic sans concession en déclarant que « la sédentarité est une bombe à retardement ». Le responsable a insisté sur le fait que cette menace est « accentuée par un vieillissement de la population, certes plus faible que sur d'autres territoires, mais qu'on va devoir apprendre à gérer dans les prochaines années ».

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Pour y répondre, il salue la mutation du mouvement sportif péi, observant que « les clubs et les fédérations répondent » et que « la compétition n'est plus le seul objectif », permettant d'adapter l'offre à l'ensemble des publics.

Un investissement ciblé de l'ARS et un cap mis sur la pédiatrie

Pour accompagner ce changement de modèle, les autorités de santé s'appuient sur les outils développés lors de la précédente programmation, notamment la plateforme ssbe.re et un maillage consolidé de 13 Maisons Sport-Santé qui comptabilisent 630 créneaux labellisés.

La stratégie s'articule directement avec le Programme Réunionnais de Nutrition et de lutte contre le Diabète et l'Obésité (PRNDO) lancé en début d'année, le plan antichute et la feuille de route régionale sur le cancer.

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La directrice générale adjointe de l'ARS Réunion, Inès Lobo de Sousa, a rappelé la portée thérapeutique fondamentale de ces interventions, affirmant que « le sport est un levier de santé publique pour faire reculer un certain nombre de maladies ou de problèmes de santé, notamment le cancer ».

Afin d'ancrer ces pratiques dans la gouvernance locale, l'agence accompagne les municipalités engagées. Inès Lobo de Sousa a ainsi souligné que 22 communes ont d'ores et déjà signé un contrat local de santé et que « l'ARS a mis près de 500.000 € à la disposition des communes signataires pour les aider à atteindre leurs objectifs ».

L'institution insiste par ailleurs sur une prise en charge précoce des habitudes de vie, la directrice rappelant qu' « une vraie prévention » est déployée « au niveau de la pédiatrie » car « la prévention doit se faire dès le plus jeune âge, notamment en cas de surpoids ou d'obésité ».

SakiSoigne à La Possession : la santé redynamisée par le lien social

Sur le terrain, ce cadre régional prend toute sa dimension opérationnelle au sein des structures de proximité, à l'image de la maison sport-santé SakiSoigne située à La Possession. Pour les professionnels de santé prescripteurs, le dispositif offre un prolongement indispensable à la consultation médicale traditionnelle en apportant une réponse globale à la souffrance physique et à l'isolement social.

Présidente de la structure et médecin généraliste, le Dr Vanessa Palma témoigne de la transformation constatée chez les usagers orientés vers ces ateliers adaptés : « C'est un dispositif qui change la vie des personnes qui décident de le rejoindre. Moi, médecin généraliste, je peux orienter mes patients, notamment ceux qui sont isolés, pour leur faire retrouver non seulement une santé, mais aussi une vie sociale ».

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Le praticien insiste sur la dimension humaine du parcours, rappelant qu'il ne s'agit pas « seulement du sport sur ordonnance », mais de « convaincre ceux qui pensaient qu'ils ne pouvaient pas le faire ». Elle observe une émulation bénéfique où « des groupes se forment, des gens s'encourager », estimant qu'il faut « remobiliser le corps, oui, mais surtout faire revenir la vie autour de la vie de ces gens ».

Cette démarche d'accompagnement s'appuie sur une évaluation scientifique rigoureuse afin d'assurer la sécurité et de mesurer les bénéfices concrets pour chaque participant. Le coordinateur sport-santé à SakiSoigne, Grégory Caderby, détaille cette méthodologie en expliquant : « Notre objectif, c'est de créer des parcours de santé de proximité. On fait des tests de conditions physiques, mais on prend aussi des indicateurs de qualité de vie ».

Les bilans chiffrés confirment l'efficacité de l'approche, le coordinateur notant que « les données sont très claires et elles montrent une amélioration nette », en particulier sur l'estime de soi et le dépassement individuel.

Il conclut en soulignant le rôle crucial des partenariats locaux, rappelant que « tout cela est fait uniquement grâce aux ressources locales, avec le tissu associatif de La Possession et avec l'aide du service des sports qui nous soutient énormément dans ces démarches ».

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