La CGTR réclame 150 millions d’euros pour sauver la santé réunionnaise

À l’approche des arbitrages du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2027, la Fédération Santé et Action Sociale CGTR interpelle le gouvernement sur la situation du système de santé réunionnais. Le syndicat réclame notamment une enveloppe spécifique de 150 millions d’euros par an, un moratoire sur les fermetures de lits et des recrutements.
Dans un courrier adressé à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, et transmis notamment aux parlementaires réunionnais, à l’ARS et aux directions des établissements de l’île, la Fédération Santé et Action Sociale CGTR alerte sur une “crise systémique et plurielle” qui toucherait simultanément l’hôpital public, le privé non lucratif et le privé lucratif.
“La situation du système de santé et d’accompagnement social à La Réunion est catastrophique au quotidien”, estime le syndicat, qui met notamment en cause les restrictions budgétaires, les suppressions de lits et de services ainsi que le manque de personnel.
Burn-out, démissions et bas salaires
La CGTR alerte particulièrement sur les conditions de travail des professionnels. Elle affirme que l’exposition aux risques psychosociaux – burn-out, épuisement et souffrance au travail – dépasserait désormais les indices de sinistralité du BTP. Le syndicat fait état d'une hausse de 50 % des “démissions sèches” en 2025 et d’un absentéisme record.
“Soigner à La Réunion est devenu plus destructeur pour la santé physique et mentale que les métiers de la construction”, affirme la fédération.
La question des rémunérations est également mise en avant. Dans le privé non lucratif, la CGTR estime que l’écrasement des grilles salariales conduit 80 % des salariés concernés à dépendre d’une indemnité différentielle pour atteindre environ 1.600 euros net par mois.
Le syndicat décrit par ailleurs des urgences et des services d’hospitalisation “sous une tension permanente”, avec un manque de lits et d’effectifs. Il évoque également des délais de consultation dépassant six mois pour certaines spécialités.
150 millions d’euros par an et 500 recrutements réclamés
Pour répondre à la crise, la CGTR demande l’inscription au PLFSS 2027 d’une enveloppe spécifique de 150 millions d’euros par an pour La Réunion. Elle propose d’affecter 100 millions aux revalorisations salariales et aux embauches pérennes, 30 millions à la prévention et 20 millions aux surcoûts liés à l’insularité.
La fédération réclame également un moratoire sur les fermetures de lits et la création, d’ici 2027, de 100 lits supplémentaires de médecine, de soins de suite et de réadaptation et de soins spécialisés. À cela s’ajouteraient 100 places en maisons d’accueil spécialisées (MAS) et 200 places en Ehpad.
Face à l’épuisement des équipes, le syndicat demande par ailleurs le recrutement de 500 agents d’ici 2027, ainsi que la mise en place de cellules de soutien psychologique dans chaque établissement.
Enfin, la Fédération Santé et Action Sociale CGTR réclame l’ouverture rapide de négociations entre l’État, les employeurs et les syndicats.
“La Fédération Santé et Action Sociale CGTR n'acceptera plus de promesses creuses”, prévient-elle. “La santé des Réunionnais mérite mieux que des logiques d'économies budgétaires.”
Pour la CGTR, “le PLFSS 2027 doit marquer un tournant. Nous comptons sur votre courage politique pour sauver la santé réunionnaise, et protéger nos populations les plus vulnérables.”


