Ni Virapoullé, ni Bédier : DLR réaffirme son indépendance et ses ambitions

DLR, le mouvement politique d’Éric Fruteau, tenait ce dimanche son assemblée générale annuelle et entame une restructuration : organisation renforcée, nouveaux responsables, rajeunissement, travail programmatique à l’échelle de l’île et volonté affichée d’être présent lors des prochaines échéances électorales "d'une façon ou d'une autre".
Trois jours après l’annulation par le tribunal administratif des élections municipales de Saint-André, Demain La Réunion (DLR), le mouvement porté par Éric Fruteau, réunissait ce dimanche ses adhérents en assemblée générale.
Mais l’ancien maire a tenu à dissocier les deux séquences. Prévue "de longue date", cette assemblée générale annuelle devait lancer une restructuration du mouvement tout en validant les bilans d’activité, financier et moral de 2025. Une restructuration annoncée dès le mois de juin. L’objectif est "d’adapter l’outil militant au contexte politique, à l’évolution sociétale et préparer les échéances prochaines".
Davantage de responsables et de nouvelles têtes
Cette nouvelle étape passe d’abord par une réorganisation interne. DLR veut renforcer son bureau et mieux répartir les responsabilités, jusque-là concentrées entre quelques personnes. Les nouveaux statuts prévoient notamment un président d’honneur, un président également porte-parole, mais aussi un secrétaire général, un secrétaire général adjoint et un renforcement de la fonction de trésorier.
Le mouvement met en avant cinq mots d’ordre pour résumer cette nouvelle organisation : "proposer, construire, former, réfléchir et être acteur". L’ambition est également de renforcer les cellules consacrées aux quartiers, à la communication, à la formation, à l’événementiel ou encore aux adhésions.
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Éric Fruteau assume la volonté de faire émerger de nouveaux visages. "Il faut partager les rôles", explique-t-il, avec l’objectif de faire monter les jeunes en responsabilité, de rajeunir le mouvement et de respecter la parité.
Les modifications statutaires ont été adoptées ce dimanche. Les adhérents se retrouveront en décembre pour voter et désigner les personnes appelées à occuper les nouvelles responsabilités.
Interrogé sur une éventuelle candidature à la présidence du mouvement, Éric Fruteau estime que "le sujet n’est pas encore d’actualité". DLR revendique actuellement environ 150 adhérents et prévoit de relancer sa campagne d’adhésion à la fin de l’année.

Une ligne propre à gauche
Le mouvement entend également sortir d’une mobilisation essentiellement concentrée autour des campagnes électorales pour installer une présence plus régulière sur le terrain, former ses militants et travailler sur les grands sujets réunionnais. "La volonté, c’est d’exister pas seulement pour les élections", résume Éric Fruteau.
Il revendique par ailleurs son indépendance politique, son identité à gauche et la volonté de porter sa propre ligne. "On a vocation à avoir notre propre vision politique", souligne-t-il.
Éric Fruteau réaffirme son indépendance vis-à-vis des deux camps qui se sont affrontés au second tour des municipales à Saint-André. Il rappelle son opposition politique historique aux Virapoullé, tout en distinguant ce désaccord du respect des hommes. Il cite notamment Jean-Paul Virapoullé, ancien maire et sénateur, dont il dit respecter le parcours. Mais il souligne également ses désaccords avec la politique menée actuellement par la majorité municipale, dont il a notamment critiqué cette semaine la gestion financière.
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L’ancien maire réaffirme aussi son opposition aux extrêmes et au Rassemblement national. "On combat le RN. On a démontré qu’on était capable de prendre les décisions responsables pour contrer le RN. Et moi, j’en suis fier. Ce sera toujours le cas", affirme-t-il.
Une ligne qu’il rappelle avoir maintenue lors des deux dernières municipales, au cours desquelles il n’a pas participé au second tour. En 2020, Éric Fruteau s’était retiré après avoir obtenu 17,09 % des suffrages au premier tour. En 2026, arrivé quatrième avec 16,49 %, il n’a pas non plus participé au duel final entre Joé Bédier et Laurent Virapoullé.

"Le temps de l’émancipation économique"
Dans la continuité des 80 ans de la départementalisation, Éric Fruteau appelle à ouvrir une nouvelle étape : celle de l’émancipation et de l’égalité économiques. Après la liberté en 1848 et l’égalité sociale en 1946, il estime que La Réunion doit désormais revoir son modèle économique pour réduire les inégalités et la pauvreté, en renforçant notamment la production locale, l’emploi et la capacité du territoire à conserver davantage de valeur ajoutée.
"Je pense qu’aujourd’hui, il faut passer à une nouvelle étape. Et 2026 doit être l’année de l’émancipation économique", affirme-t-il. Le mouvement entend décliner cette réflexion à l’échelle de l’île, autour du pouvoir d’achat, du logement, de la santé, de l’éducation ou encore des transitions énergétique, alimentaire et climatique.
"Nous sommes légitimes"
Cette restructuration doit permettre à DLR de préparer les prochaines échéances électorales, sans limiter son horizon à Saint-André. "Nous serons présents d’une façon ou d’une autre dans toutes les échéances à venir", affirme Éric Fruteau. L’objectif, dit-il, est d’y "faire valoir nos idées" et la réflexion du mouvement pour l’avenir de La Réunion.
"Nous sommes légitimes. Nous avons des idées, une réflexion et un socle électoral incontournable", ajoute l’ancien président de la Cirest.
Concernant la situation saint-andréenne après l’annulation du scrutin par le tribunal administratif, il assure vouloir continuer à suivre le dossier "avec calme, avec humilité et respect", notamment à l’égard des décisions judiciaires et de ses adversaires.
Sur l’hypothèse d’une nouvelle élection, sa ligne reste celle exprimée après le jugement : "Quelle que soit la décision, Demain La Réunion sera présente."


