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Olivier Fontaine à la tête d’une Chambre d’agriculture en quête de redressement

Ecrit par S.I. – le mardi 18 février 2025 à 17H01

Olivier Fontaine prend la présidence de la Chambre d’agriculture de La Réunion à un moment clé. Face aux défis du secteur, notamment la crise de la canne et la nécessité d’une souveraineté alimentaire renforcée, il devra redresser une institution en difficulté.

Élu à la tête de la Chambre d’agriculture de La Réunion, Olivier Fontaine hérite d’une institution fragilisée par des finances instables et un contexte agricole en pleine mutation. Présent lors de son élection ce mardi 18 février, le préfet de La Réunion, Patrice Latron, a dressé un état des lieux sans concession et esquissé les grandes orientations nécessaires pour remettre la Chambre sur de bons rails d’ici 2030.

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Avec 160 salariés, la Chambre d’agriculture de La Réunion est l’une des plus importantes de France. Elle joue un rôle clé dans le développement du secteur agricole local, qui représente plus de 40 % de l’agriculture des départements et régions d’outre-mer. La souveraineté alimentaire de l’île repose largement sur cette production locale : 68 % des fruits et légumes, 41 % de la volaille, 38 % du porc, et 100 % des œufs consommés sont produits sur place. Pourtant, ces chiffres, bien qu’encourageants, ne suffisent pas.

"Il faut travailler à augmenter cette souveraineté et cette autonomie alimentaire", a insisté Patrice Latron. L'objectif est clair : accroître la production locale pour réduire la dépendance aux importations et garantir la sécurité alimentaire de l’île. Mais pour y parvenir, la Chambre d’agriculture doit d’abord se stabiliser financièrement.

Une situation financière préoccupante

Si l’institution joue un rôle central, sa situation budgétaire demeure fragile. Son fonctionnement repose en grande partie sur des financements publics, notamment européens. Or, cette dépendance aux subventions met en péril sa viabilité à long terme. "Malgré une rigueur budgétaire notable et des décisions courageuses, la situation financière reste fragile", a souligné le préfet. Deux audits réalisés en 2023-2024 par Chambres d’agriculture France et la Cour des comptes ont mis en avant plusieurs recommandations majeures : réaliser une étude de rentabilité des services, réduire les effectifs et optimiser la gestion du patrimoine immobilier.

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Le plan de redressement pluriannuel prévoit un retour à l’équilibre budgétaire avec un excédent économique de 215.000 euros dès 2025 et de 580.000 euros à l’horizon 2028. Toutefois, cette trajectoire implique des choix parfois difficiles, notamment en matière de gestion des ressources humaines. "Un concours durable de l’État ne pourra être envisagé qu’avec une perspective réaliste de retour à un équilibre budgétaire structurel", a averti Patrice Latron. L’État continuera à suivre de près la situation via des réunions régulières avec la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) et la Direction des finances publiques.

Quelles priorités pour relancer l’agriculture réunionnaise ?

D’ici 2030, plusieurs chantiers stratégiques attendent la Chambre d’agriculture : consolider la performance économique, sanitaire et environnementale des filières agricoles, renforcer la souveraineté alimentaire, encourager le renouvellement des générations, favoriser l’autonomie des exploitations et préserver le foncier agricole face aux pressions croissantes. Un des défis majeurs reste la crise que traverse la filière canne. Pour y répondre, le préfet a annoncé l’organisation des États généraux de la Canne en mai 2025, sous l’impulsion de la Région et du Département, avec le soutien de l’État.

Un autre axe fort sera la simplification administrative. Patrice Latron a pointé du doigt la lourdeur des démarches, souvent imposées par des réglementations européennes. "Les procédures sont épouvantablement complexes. Nous devons identifier ce qui peut être simplifié localement et agir en ce sens", a-t-il déclaré, en appelant les agriculteurs et les élus de la Chambre à formuler des propositions concrètes.

Olivier Fontaine, désormais à la tête de l’institution, devra relever ces défis en s’appuyant sur une équipe renouvelée et un soutien étatique conditionné à des réformes ambitieuses. "On me dit que vous êtes déterminé et bien entouré pour conduire cette Chambre. Je vous souhaite le meilleur pour vous-même, vos équipes et l’ensemble des salariés de l’établissement", a conclu le préfet. 

Le cap est désormais fixé : il revient à la nouvelle présidence de transformer ces orientations en actions concrètes pour assurer un avenir pérenne à l’agriculture réunionnaise.

Etiquettes : Chambre d'Agriculture

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