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Sainte-Rose : l'hommage multilingue des élèves du collège Thérésien Cadet au “scientifique aux pieds nus”

Ecrit par P.M. – le lundi 6 avril 2026 à 08H46
A l'issue d'une présentation du parcours de l'illustre botaniste, la plaque a été dévoilée par les collégiens.

À l’occasion de la Semaine des langues, les élèves et enseignants du collège Thérésien Cadet ont inauguré une plaque multilingue en hommage à l'illustre botaniste réunionnais, décédé il y a 39 ans. La cérémonie s’est déroulée en présence de représentants du Parc national, de la mairie et du rectorat.

L’hommage se voulait à la fois local et ouvert sur le monde. Dans le cadre de la semaine des langues, les élèves et professeurs du collège Thérésien Cadet ont inauguré une plaque multilingue dédiée au botaniste réunionnais, figure majeure de la connaissance de la flore de l’île.

À l’origine de cette initiative, Emmanuelle Maillot, professeure d’allemand au collège, a souhaité inscrire cet hommage dans le thème national de la Semaine des langues : “Découvrir les langues pour découvrir le monde”.

“On a voulu faire avec les élèves un hommage local et un hommage international. C’est pour ça qu’il y a plusieurs langues sur la pancarte. Les langues nous invitent à dépasser les frontières, à faire tomber les barrières”, a-t-elle expliqué lors de la cérémonie.

La plaque, réalisée avec l’aide du service tourisme de la mairie de Sainte-Rose, présente la biographie de Thérésien Cadet en plusieurs langues, en créole, en français (QRcode), en anglais, en allemand et en espagnol. Un travail réalisé par les élèves dans le cadre d’un projet pédagogique mêlant recherche, traduction et sciences.

“Le collège a un nom qui donne une identité et c’est aussi leur identité. Notre rôle, c’est de transmettre l’héritage et de dire qui était Thérésien Cadet, ce qu’il a fait et ce qu’il a voulu nous dire”, a poursuivi l’enseignante.

Installée à l'entrée du collège, la plaque est écrite en créole, en allemand, en anglais et espagnol, le texte est aussi disponible en français via un QRcode.
Le scientifique est considéré comme le pionnier de la botanique et de l’écologie tropicale à La Réunion (photo D.R).

Un scientifique majeur pour La Réunion

Présent lors de la cérémonie, Dominique Strasberg, professeur de biologie à l’Université de La Réunion, a rappelé l’importance du botaniste réunionnais dans l’histoire scientifique de l’île.

“Son parcours est incroyable. Il est né fils de charbonnier au Tévelave, il est parti à Paris, il est sorti parmi les premiers à l’agrégation, puis il est revenu au pays, il a monté l’école d’instituteurs puis l’université”, a-t-il retracé.

Le scientifique est considéré comme le pionnier de la botanique et de l’écologie tropicale à La Réunion. Sa thèse, publiée en 1980, reste aujourd’hui encore un travail de référence sur l’écologie et la répartition des espèces indigènes ligneuses de l’île.

“Il nous a légué un herbier et il a mis le doigt sur la richesse de l’endémisme réunionnais. Tous les projets sur lesquels on travaille aujourd’hui, que ce soit le parc national ou le conservatoire botanique, il en avait déjà posé les bases”, a ajouté Dominique Strasberg.

Les professeurs de langues du collège, au milieu Emmanuelle Maillot, enseignante d'allemand, à l'origine du projet.
Dominique Strasberg, professeur de biologie à l’Université de La Réunion, a rappelé l’importance du botaniste réunionnais dans l’histoire scientifique de l’île.

Un héritage toujours vivant

Né le 21 juin 1937 au Tévelave et décédé en 1987 à l’âge de 49 ans, Thérésien Cadet, surnommé “le scientifique aux pieds nus”, a consacré sa vie à l’étude et à la préservation de la flore réunionnaise. Il est notamment à l’origine de l’arboretum de l’Université de La Réunion, où il avait entrepris de préserver les plantes endémiques et indigènes menacées.

Aujourd’hui encore, son travail continue d’être valorisé, notamment par l’association Sur les traces de Thérésien Cadet, qui organise des expositions, des sorties nature et des actions pédagogiques autour de la botanique et du patrimoine naturel réunionnais. Chaque année, le 21 juin, date de son anniversaire, des actions sont organisées pour faire connaître son travail au grand public et aux scolaires.

À travers cette inauguration et cet hommage, les élèves du collège qui porte son nom deviennent ainsi des passeurs de mémoire, chargés de faire vivre l’héritage scientifique, culturel et environnemental laissé par le botaniste réunionnais.

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