Prisons réunionnaises au bord de l'implosion : la problématique des femmes incarcérées à Domenjod

La population carcérale féminine en France, qui représente environ 3,5 % des détenus, soit près de 2.700 femmes, fait face à des défis spécifiques souvent négligés dans les débats publics. Selon l'Observatoire International des Prisons (OIP), les conditions de détention pour les femmes sont particulièrement précaires, car les infrastructures pénitentiaires, pensées pour une majorité masculine, restent inadaptées aux besoins féminins. Environ 80 % des femmes incarcérées sont réparties dans des unités spécifiques de prisons pour hommes, limitant leur accès aux activités et accentuant leur isolement social.
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La situation des femmes incarcérées à La Réunion : cinq par cellule
Un rapport du ministère de la Justice indique que près de 60 % des femmes détenues n'ont accès à aucun programme de réinsertion, essentiel pour faciliter leur retour à la vie civile et réduire la récidive. Par ailleurs, 30 % des femmes incarcérées présentent des signes de troubles psychologiques, mais les soins adaptés sont insuffisants. Une étude parue dans les Cahiers de la Justice révèle que l'accès à des soins spécialisés reste largement limité pour les femmes en détention, et les délais d'attente pour obtenir un suivi psychologique peuvent aller jusqu’à plusieurs mois.
À La Réunion, les contraintes de l’insularité aggravent encore la prise en charge des détenues. L’unité de Domenjod, unique structure pour femmes sur l’île, compte une capacité dépassée de plus de 120 %, ce qui entrave l’accès aux services de santé et de réinsertion. De plus, au centre pénitentiaire de Saint-Denis, il n'existe pas de quartiers réservés aux mineures. Celles-ci sont incarcérées seules en cellule dans le quartier adultes de la maison d'arrêt des femmes. "Toutefois, cela pose des problèmes au quotidien dans la gestion puisqu'elles se retrouvent mélangées avec les femmes adultes à cinq par cellule", pose Vincent Pardoux du syndicat FO Justice.
Les publications du Contrôleur général des lieux de privation de liberté appellent à des mesures adaptées aux spécificités des femmes détenues, dans l'Hexagone comme en outre-mer, pour éviter que l’incarcération ne devienne un cercle de récidive et de précarité.


