Prisons réunionnaises au bord de l'explosion : surpopulation, manque de personnel et conditions indignes

Les trois prisons de l’île hébergent environ 1.100 détenus pour une capacité théorique de 860 places, portant le taux d’occupation à 128 %. La Réunion compte trois établissements pénitentiaires principaux, à Saint-Denis, au Port et à Saint-Pierre.
Le Centre pénitentiaire de Saint-Denis (Domenjod) a été inauguré en 2008 pour remplacer l'ancienne prison Juliette-Dodu. L'établissement comprend des quartiers pour hommes, femmes, mineurs et un centre de semi-liberté. Malgré une capacité opérationnelle de 600 places, il est confronté à une surpopulation carcérale.
Domenjod subit une pression critique avec une surpopulation marquée. Sa capacité d’accueil, fixée à 575 places, était largement dépassée mi-octobre 2024 avec 824 détenus, soit un taux d’occupation de 143 %. Cette situation contraint 120 détenus à dormir sur des matelas à même le sol. "Tensions, promiscuité en cellule et bagarres en sont les conséquences", témoigne Vincent Pardoux, secrétaire du syndicat FO Pénitentiaire.
Des conditions de détention préoccupantes dans chacun des trois établissements pénitenciers
Le Centre de détention du Port accueille des détenus purgeant des peines de moyenne à longue durée. Il est également confronté à des défis liés à la surpopulation et à la vétusté des infrastructures. Un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté a mis en évidence des conditions de détention préoccupantes, notamment en matière d'hygiène et de sécurité.
La Maison d'arrêt de Saint-Pierre, surnommée "la Cayenne" est l'une des plus anciennes de France. Elle est caractérisée par des dortoirs collectifs pouvant accueillir jusqu'à 16 détenus, ce qui engendre une promiscuité importante. La surpopulation, la vétusté des locaux et les conditions de détention indignes ont été régulièrement dénoncées par les syndicats et les observateurs.
Augmentations des tensions entre détenus et surveillants
Enfin, la surpopulation et le manque de moyens contribuent à une augmentation des violences en détention. De plus, la prise en charge des détenus présentant des troubles psychiatriques est insuffisante, faute de structures adaptées.


