Prisons réunionnaises au bord de l'explosion : pourquoi un transfert de détenus de Mayotte à La Réunion ?

La situation carcérale à Mayotte est actuellement alarmante, avec une surpopulation massive et des conditions de détention inquiétantes.
Le centre pénitentiaire de Majicavo, seul établissement pénitentiaire de l'île, est conçu pour accueillir 278 détenus, mais il en héberge environ 650 depuis octobre 2024, soit un taux d'occupation de plus de 230 %. Ce surpeuplement extrême force, à l'instar de la Réunion, certains détenus à dormir sur des matelas au sol, dans des cellules initialement prévues pour deux personnes, mais souvent occupées par quatre ou cinq détenus.
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Une mutinerie impliquant une centaine de détenus avec prise d'otage
La promiscuité engendrée par la surpopulation accroît les tensions entre les détenus et le personnel. De plus, les infrastructures sont vieillissantes et en mauvais état, avec des équipements défectueux qui rendent le quotidien difficile pour les détenus comme pour les surveillants.
Le 28 septembre 2024, une mutinerie a éclaté au centre pénitentiaire de Majicavo, impliquant une centaine de détenus et la prise en otage d’un surveillant, révélant un climat de tension exacerbée. En réaction, le directeur de la prison, Nicolas Jauniaux, a démissionné le 7 octobre 2024, en signe de protestation contre cette situation critique.
"Dans ce climat de crise, 25 détenus ont été transférés à la Réunion", indique Vincent Pardoux, responsable de FO Justice. Un processus classique, en métropole ou ailleurs, et qui consiste à réduire la population carcérale dans une telle situation. Les prisonniers transférés "avaient déjà fait une demande de transfert. Cinq ont été placés à Domenjod et 20 au Port", précise le syndicaliste.
Le transfert de détenus : un processus classique en cas de crise
Pour faire face à cette crise, la construction d’un second établissement pénitentiaire à Mayotte a été envisagée. Annoncée en 2022 par le ministre de la Justice, cette mesure reste toutefois à l’état de projet et n’a pas encore vu de concrétisation. En attendant, la situation nécessite des mesures immédiates pour améliorer les conditions de vie en détention et le cadre de travail du personnel pénitentiaire.


