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Prisons réunionnaises au bord de l'explosion : pourquoi un transfert de détenus de Mayotte à La Réunion ?

Face à une surpopulation record et des infrastructures vétustes, le centre pénitentiaire de Majicavo à Mayotte est en situation de crise. Avec un taux d’occupation dépassant 230 % et des tensions croissantes, l’établissement a récemment été secoué par une mutinerie. En signe de protestation, son directeur a démissionné, alertant sur l’urgence d’améliorer les conditions de détention et de travail du personnel. Dans ce climat de crise, 25 détenus ont été transférés à La Réunion. Deuxième volet de notre dossier consacré à la situation des prisons à La Réunion sur Zinfos974.
Ecrit par I.S. – le mardi 12 novembre 2024 à 14H16
À Mayotte, la Maison d'arrêt de Majicavo compte 278 places (DR)

La situation carcérale à Mayotte est actuellement alarmante, avec une surpopulation massive et des conditions de détention inquiétantes.

Le centre pénitentiaire de Majicavo, seul établissement pénitentiaire de l'île, est conçu pour accueillir 278 détenus, mais il en héberge environ 650 depuis octobre 2024, soit un taux d'occupation de plus de 230 %. Ce surpeuplement extrême force, à l'instar de la Réunion, certains détenus à dormir sur des matelas au sol, dans des cellules initialement prévues pour deux personnes, mais souvent occupées par quatre ou cinq détenus.

Lire aussi : Prisons réunionnaises au bord de l’explosion : surpopulation, manque de personnel et conditions indignes

Une mutinerie impliquant une centaine de détenus avec prise d'otage

La promiscuité engendrée par la surpopulation accroît les tensions entre les détenus et le personnel. De plus, les infrastructures sont vieillissantes et en mauvais état, avec des équipements défectueux qui rendent le quotidien difficile pour les détenus comme pour les surveillants.

Le 28 septembre 2024, une mutinerie a éclaté au centre pénitentiaire de Majicavo, impliquant une centaine de détenus et la prise en otage d’un surveillant, révélant un climat de tension exacerbée. En réaction, le directeur de la prison, Nicolas Jauniaux, a démissionné le 7 octobre 2024, en signe de protestation contre cette situation critique.

"Dans ce climat de crise, 25 détenus ont été transférés à la Réunion", indique Vincent Pardoux, responsable de FO Justice. Un processus classique, en métropole ou ailleurs, et qui consiste à réduire la population carcérale dans une telle situation. Les prisonniers transférés "avaient déjà fait une demande de transfert. Cinq ont été placés à Domenjod et 20 au Port", précise le syndicaliste.

Le transfert de détenus : un processus classique en cas de crise

Pour faire face à cette crise, la construction d’un second établissement pénitentiaire à Mayotte a été envisagée. Annoncée en 2022 par le ministre de la Justice, cette mesure reste toutefois à l’état de projet et n’a pas encore vu de concrétisation. En attendant, la situation nécessite des mesures immédiates pour améliorer les conditions de vie en détention et le cadre de travail du personnel pénitentiaire.

Etiquettes : Prison

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