Prévention routière avec Miss Réunion : L'UFR consternée par le choix de la préfecture

Le communiqué de l'UFR :
L’Union des Femmes Réunionnaises est consternée par l’utilisation de l’image de la femme orchestrée ces derniers jours par la Préfecture de La Réunion. En effet, le choix de recourir aux candidates de l’élection de Miss Réunion dans le cadre de la prévention à la sécurité routière nous interpelle. Ces concours de beauté nourrissent les dogmes patriarcaux, objectivent le corps des femmes et donnent d’elles une image hypersexualisée. Par ce fait, ils ne peuvent constituer un média pour des questions de prévention, et surtout lorsqu’il est question de vie humaine.
Alors que la grande cause de ce second quinquennat est la lutte contre les violences faites aux femmes, voilà que l’État à La Réunion valide et légitime les concours de Miss qui renvoient les femmes à leur apparence physique. D’ailleurs, les nombreuses affaires et scandales gravitant autour de ces concours traduisent bien les dérives et le sexisme qui s’y développent.
Comme si les codes imposés n’étaient pas assez suffisants, la préfecture impose à son tour un discours tout ficelé à réciter par coeur car « La préfecture mise sur les Miss ».
L’UFR considère cette manœuvre de communication comme un scandale de plus. On utilise le corps des femmes pour faire de la sensibilisation routière, distribuer des alcootests et faire accomplir une mission d’ordre public par des jeunes femmes.
Chercherait-on à susciter le « désir du consommateur » ? Qui veut-on séduire en recourant à ces jeunes femmes comme à une arme de séduction ?
Pourquoi utiliser les femmes et un concours de beauté pour un travail qui relève d’une mission d’ordre public dont l’Etat est responsable ?
L’argument qui est avancé est de profiter de la notoriété de ces jeunes femmes. Pourtant, nous rappelons qu’elles ne sont « que » candidates. Si l’on cherchait la notoriété, aurait-on pu s’adresser à des personnalités locales qui auraient accepté de parler de sécurité routière et auraient voulu faire de la sensibilisation ? Pour aborder ce sujet, aurait-on pu solliciter des personnalités reconnues ou passionnées ? Aurait-on pu solliciter notre belle jeunesse collégienne, lycéenne et universitaire, ou encore nos sportifs et nos sportives de haut niveau ?
Notre association qui défend les droits des femmes ne souhaite pas que l’image d’une femme soit associée à un éthylotest ou à un radar routier, et tient à alerter l’opinion publique sur le choix opéré par les services préfectoraux pour cette communication institutionnelle qui se sert de jeunes femmes et qui véhicule des stéréotypes sexistes, terreau des violences infligées aux femmes.
Enfin, nous interpelons la Direction Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes pour que les droits des femmes soient respectés à La Réunion et que leur image ne soit plus dégradée ou instrumentalisée.
L'Union des Femmes Réunionnaises


