Porte d'entrée de La Réunion, le Nord veut désormais retenir les touristes

C'est à la Maison Carrère, l'un des monuments les plus visités du territoire Nord, que la nouvelle gouvernance de l'Office de tourisme intercommunal du Nord (OTI) a présenté ce mercredi 19 août sa nouvelle feuille de route et ses grandes orientations.
Avec la ferme intention de réaffirmer son positionnement au service du territoire, l'OTI, présidé par Yassine Mangrolia, a dévoilé, à la faveur de son évolution juridique, quatre axes principaux pour dynamiser le Nord : accueillir et informer les touristes, coordonner l'intervention des acteurs locaux, affirmer son soutien et son accompagnement aux socioprofessionnels et, enfin, mieux valoriser son patrimoine.
Avec près de 550 000 touristes accueillis par an sur ces trois dernières années, La Réunion s'impose comme une destination de choix pour les voyageurs. Un enjeu de taille pour le territoire Nord, première zone sur laquelle la majorité des visiteurs posent le pied avant de parcourir l'île à la recherche de paysages volcaniques, de plages et d'activités en plein air.
Obtenir le label « Destination d’Excellence » : voilà l'un des objectifs majeurs de cette année. Fort de ses atouts, à Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne, le territoire Nord souhaite devenir « une destination que l'on vient découvrir, mais surtout une destination dans laquelle on a envie de rester, de consommer, de revenir, et dont on puisse parler autour de soi », explique Jennifer Selemany, vice-présidente de l'OTI et élue à Sainte-Suzanne.
Pour y parvenir, le passage du statut associatif à celui d'établissement public industriel et commercial (EPIC), en octobre 2025, constitue un changement non négligeable. Il permet à l'OTI d'obtenir davantage de moyens financiers et humains pour commercialiser plus de produits et mener à bien le développement touristique.
Ainsi, en plus de la Maison Carrère à Saint-Denis, l'accueil et l'information des touristes se feront notamment au bureau d'information de Sainte-Suzanne, près du phare de Bel Air, ainsi que dans de nouveaux locaux qui seront inaugurés entre fin octobre et mi-novembre prochains, au port de Sainte-Marie. Le numérique étant un lien essentiel entre le public et la structure, un positionnement plus fort sur les réseaux sociaux et une refonte du site internet sont également prévus.
Une volonté de construire collectivement le tourisme de demain
Coordonner l'intervention des acteurs locaux : voilà la deuxième mission que se donne l'OTI dans sa nouvelle feuille de route. « Nous avons la volonté d'aller vers les acteurs touristiques — hôteliers, restaurateurs, événementiels —, c'est un dialogue renforcé que nous voulons », affirme Yassine Mangrolia. Pour ce faire, des ateliers thématiques sont mis en place pour permettre une montée en compétences de ces derniers, et un observatoire va être créé afin d'obtenir des données statistiques et de mesurer la pertinence des actions menées.
Troisième mission : assurer la promotion touristique de la Cinor, et donc des trois communes. Avec ses nombreux atouts — naturels, culturels, historiques et vivants —, le territoire ne devrait pas manquer d'intérêt. Un enjeu émerge pourtant : le manque de maillage entre les différents acteurs (collectivités, professionnels, associations, hébergeurs, etc.), qui permettrait une meilleure structuration et une meilleure valorisation des produits existants.
« Cette mise en réseau est essentielle pour proposer aux visiteurs une expérience aussi complète que possible, mais aussi pour faire du tourisme un véritable levier de développement », ajoute Jennifer Selemany.
Frédéric Foucque, second vice-président et représentant des socioprofessionnels, propose de son côté un référencement des acteurs afin qu'ils soient mieux informés des aides et du soutien proposés par l'OTI. Selon lui, la plupart ignorent en effet qu'ils ont droit à un accompagnement — une mesure qui permettrait de créer davantage de liens entre professionnels. Autre piste : le comité de direction envisage de créer des forfaits « restaurants, activités, hébergements » pour les touristes, permettant aux entreprises de proposer un parcours attractif aux visiteurs tout en renforçant le maillage entre acteurs.
Le patrimoine, un levier essentiel pour le tourisme
Redynamiser le quartier de Bel Air à Sainte-Suzanne, transformer le port de Sainte-Marie en lieu d'accueil événementiel, améliorer l'accès et l'information sur les sentiers des Hauts de Saint-Denis, ou encore augmenter le volume de nuitées sur l'ensemble du territoire : l'Office de tourisme intercommunal du Nord ne manque pas d'idées pour réaffirmer son positionnement. « Notre ambition est de faire du tourisme un moteur de développement économique, mais aussi un moyen de faire connaître notre identité, notre patrimoine et notre art de vivre », affirme Jennifer Selemany.
Réhabiliter et valoriser le patrimoine existant constitue donc un axe majeur. L'ouverture prochaine d'un nouveau restaurant près du phare, en bord de littoral, en est un exemple parfait : ce qui suscite l'intérêt, c'est de raconter une histoire — celle du temps passé, à travers le lieu, mais aussi les choix culinaires des restaurateurs.
Avec une capacité de 5 282 lits en hôtel, 250 restaurants proposant un service à table, 71 activités de loisir, une place de leader du tourisme d'affaires et le label « commune touristique » pour Saint-Denis, le territoire Nord a su se démarquer au cœur du tourisme réunionnais. Le président de l'OTI Nord reste toutefois attaché à un esprit de collaboration entre les différents offices de tourisme de l'île : « Chacun valorise bien sûr son territoire, mais en réalité, nous voulons valoriser l'île de La Réunion. Nous travaillons avec le CRT, le comité régional du tourisme, et le but, c'est que ce soit La Réunion qui gagne. »


