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Policier percuté dans la tranchée couverte : « Si j’avais été là, j’aurais fait la même chose »

Une nuit de janvier 2022, à la sortie de la tranchée couverte, un automobiliste sans permis percutait volontairement un policier qui s'apprêtait à le contrôler. Le véhicule avait été volé avec deux complices. Sévèrement condamné, l'un d'entre eux a fait appel de sa condamnation.

Ecrit par 2181159 – le vendredi 12 mai 2023 à 07H03

Il est 22 heures ce lundi 24 janvier 2022 lorsqu’un équipage de la CDI (Compagnie départementale d’intervention) effectue une patrouille dans le chef-lieu, au niveau de la tranchée couverte. Alors que les agents s’apprêtent à effectuer un contrôle « couvre-feu », un automobiliste fonce droit sur les policiers  à la sortie de l’axe couvert. Un officier est violemment percuté et blessé aux bras et aux jambes. Trois mois d’arrêt de travail lui sont prescrits alors que le chauffard qui roulait sans permis prend la fuite. 

Le lendemain, le véhicule, une Opel Karl, était retrouvé dans les hauteurs de Saint-Denis et deux jeunes Dionysiens étaient arrêtés. Ce n’est que huit jours plus tard que le conducteur avait choisi de se dénoncer. Petit à petit, les langues s’étaient déliées. Le trio avait d’abord dérobé une voiture de location à Sainte-Marie puis avait tenté de cambrioler une société d’audit sans succès et avait dégradé les locaux. Leurs méfaits s’étaient poursuivis dans une entreprise de téléphonie où des ordinateurs, des téléphones et des enceintes avaient disparu. Chez Soleil Réunion, les malfrats cagoulés avaient piqué 3000 euros en espèces.

Jugés devant le tribunal correctionnel en février dernier, le conducteur, un certain Kenson avait indiqué avoir foncé « pour ne pas aller en prison ». A ses cotés, l’insolent Luigi G., qui pourtant avait décidé de ne pas faire le tour de l’île à fond la caisse comme ses co-auteurs et avait quitté le véhicule sur le pont Vinh-San, avait déclaré au tribunal « J’aurais fait pareil, question de logique ».  Des déclarations aussi navrantes qu’inquiétantes quant à l’avenir de ces jeunes sans formation, sans emploi et sans soutien familial à l’image de Jordan, le troisième dalon, qui avait voulu faire croire aux magistrats qu’ils avaient volé la voiture « pour apprendre à conduire ».

Le trio avait été sévèrement condamné, dont 18 mois ferme pour Luigi G., 23 ans, ainsi qu’à la révocation de 6 mois de sursis. Ce jeudi matin, le vingtenaire faisait moins le malin qu’en première instance lors de son procès en appel. Son avocat, Me Nicolas Normand, a plaidé un sursis probatoire rappelant que son client avait « énervé » le tribunal lors de la première audience et écopé d’une peine « sèche » mais qu’il n’aurait rien à gagner en restant 2 ans derrière les barreaux.

De son côté, la représentante de la société a requis la confirmation du premier jugement. « En 2021 alors qu’il était sous contrôle judiciaire dans le cadre de cette affaire, il a commis un vol et a été jugé en comparution immédiate », a rappelé la parquetière générale. A 14 reprises, le prévenu n’avait pas répondu aux convocations des services de contrôle judiciaire, particulièrement « patients » à son égard. Aucune excuse donc pour le parquet.

La cour a mis sa décision en délibéré au 25 mai.

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