Piton de la Fournaise : une année blanche en 2024, la plus longue inactivité depuis 2014

Depuis la fin de la dernière éruption en octobre 2023, le Piton de la Fournaise reste silencieux. Une inactivité prolongée qui est la plus longue période de repos enregistrée depuis 2014.
Cela faisait dix ans qu’un tel silence n’avait pas été observé. Le bilan 2024 dressé par l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) fait état d’une année blanche, sans éruption, ni crise sismique majeure. "Ce n’est pas du tout inhabituel. L’activité éruptive sur la Fournaise est connue pour être cyclique", explique Aline Peltier, directrice de l’OVPF. Elle rappelle que ces phases de calme peuvent durer "trois à six ans", comme cela a été observé par le passé.
Lire aussi : Piton de La Fournaise : plus d'un an sans éruption et l'hypothèse de la fin d'un cycle éruptif
Même si aucune lave n’a coulé en surface, le volcan a connu des signes d’activité en profondeur, notamment en mars 2024. "On a eu un gonflement du volcan, une activité sismique et une augmentation des concentrations de lave dans le sol", indique la scientifique. Une mise en pression perceptible, sans toutefois entraîner d’éruption.
L’activité sismique est restée modérée, avec environ "10 à 15 séismes par jour" durant cette période de mise en charge. Un chiffre qui ne correspond pas à une crise sismique, mais qui témoigne d’une réalimentation du réservoir superficiel à deux kilomètres de profondeur. "Grâce aux flux de CO2 dans le sol, on sait que ce magma venait des profondeurs, de 30 à 10 km", poursuit-elle.
Une année calme pour le volcan, mais pas sans secousses
En dehors du volcan, d’autres zones de l’île ont connu quelques secousses. "On en parle beaucoup plus, ça c’est sûr. Mais pas beaucoup plus qu’avant, non," relativise la volcanologue. "La moyenne, c’est vraiment ça, 3 ou 4 [séismes] par an."
Sur le plan logistique, l’OVPF a dû faire face à 221 interventions techniques en 2024. Le cyclone Belal a notamment endommagé trois stations de mesure situées au sommet, pour un coût estimé à 67.900 euros. Des dégâts moins importants que ceux provoqués par le cyclone Garance, estimés initialement entre 70.000 et 120.000 euros, avant révision à la baisse.
Une réunion avec la préfecture est prévue la semaine prochaine pour statuer sur le maintien ou non de la phase de vigilance du plan ORSEC.
Lire aussi : Volcan : Un poste provisoire de gendarmerie et un signal sonore et lumineux mis en place pour plus de sécurité


